AccueilA la UneTrio Hélios : poursuite d'un parcours rayonnant !

Trio Hélios : poursuite d’un parcours rayonnant !

CONCERT – A l’occasion de la sortie de leur nouvel album, Bohemia, le trio -composé d’Eva Zavaro (violon), Raphaël Jouan (violoncelle) et Alexis Gournel (piano)- était invité à se produire le 13 avril au centre culturel tchèque de Paris à l’occasion de la sortie de son nouvel album Bohemia et y reçu un chaleureux accueil du public : autopsie de ce succès.

Smetana comme boussole

Si le nom de Smetana, ne vous est pas nécessairement familier, le nom d’une de ses oeuvres phares, la Moldau, l’est certainement beaucoup plus. Il est toutefois également l’auteur d’un trio de 30 minutes, véritable bijou de musique tchèque, alternant successivement entre tragique et optimisme rayonnant, virtuosité et contemplatif. Pas étonnant dès lors que les Helios s’en soient activement emparé dès leurs débuts, il y a près de huit ans.

Toutefois 30 minutes, pour un album, c’est un peu court. Alors ce dernier s’est épaissi avec en filigrane la nationalité de Smetana : tchèque. Se rajoutèrent donc logiquement Novák -pas Djokovitch, mais l’élève et successeur de Dvořák au conservatoire de Prague- avec le Trio pour piano n°2 ainsi que Fibich, dont le passage à Leipzig laissera une trace profondément romantique, avec le Trio avec piano en fa mineur.

De Lyon au 16ème arrondissement

Bien que formé dès 2014, par de jeunes étudiants au Conservatoire national supérieur de musique de Paris, ce trio là était apparu sur nos radars en 2018, année où il s’illustrait au Concours International de Musique de Chambre de Lyon et remportait la deuxième place. S’en suivait en 2021 une résidence à la Fondation Singer-Polignac, véritable écurie de formule 1 nichée avenue Georges Mandel.

C’est d’ailleurs au sein de cette fondation qu’un concert était donné le 16 février 2023. Ce dernier avait alors tant des allures de bande annonce de la sortie de l’album Bohemia que de passation entre deux violonistes. En plus du sempiternel trio de Smetana, était donné le trio n°2 de Novák ainsi que les bagatelles pour deux violons de son maitre Dvořák.

Puis vint Eva Zavaro

C’est en effet au cours de cette résidence que devait survenir le premier changement au sein du groupe ; Camille Fonteneau -ndlr membre fondatrice, ayant enregistré l’album Bohemia et les vidéos- souhaitant donner de nouvelles inclinations à sa carrière, Eva Zavaro faisait son entrée dans la formation.

Cette dernière est alors essentiellement connue et primée pour sa carrière de soliste -1er prix du concours Brahms et prix Vadim Repin d’interprétation de Mozart en 2018-. Une expérience qui catalysera le développement naturel des membres du trio, accélérant ainsi l’essor de leurs dimension solistique individuelle.

Tout est bohémien au centre tchèque

Nous voici finalement arrivé au centre tchèque. L’annonce des oeuvres se fait tour à tour par chacun des membres du trio, et l’on comprend qu’aucune oeuvre n’est là au hasard. Est d’abord donnée le trio d’Haydn n°39, « papa » de la musique du trio, ainsi qu’il est décrit par la violoniste, et dont les sonorités tziganes, au troisième mouvement, finiront de justifier la programmation. S’en suit le trio de Novak, tourbillon d’intensité entrecoupé de trêves oniriques. Dès ces premiers morceaux, les musiciens témoignent également d’une synchronisation remarquable -logique au vu de leurs complicité- et d’une mise en place rythmique remarquée.

Finalement, le trio signature de Smetana vient conclure la soirée, et le troisième mouvement est joué de manière si lumineuse que l’on pourrait presque croire à un clin d’oeil au nom du trio (NDLR : Hélios est le nom grec du Soleil). Face à l’enthousiasme du public -certainement prévisible-, un bis est donné. En l’occurence, le Am Abend de Fibich, seul absent de l’album. La boucle est bouclée. Ce bis aura également permit au trio de démontrer qu’au delà de sa virtuosité, il était également capable de réelles musicalité et intensité romantiques.

Un trio aux trois individualités complémentaires

Les qualités musicales de Raphaël Jouan n’étaient plus un secret pour personne dans le milieu classique. On redécouvre toutefois avec plaisir qu’il est aussi excellent orateur ; discret quand la partition l’impose, puissant quand il faut. Véritable charnière du trio, comme en témoignent ses multiples regards lancés à ses partenaires, il parvient à donner, par sa virtuosité et sa présence, une dimension supplémentaire à son instrument.

Alexis Gournel joue ce soir sur un quart de queue Bohemia -dont quelques lettres sont effacées-. Cela pourrait être un coup marketing génial, si l’état de l’instrument n’était pas à l’image de son logo : en piteux état. C’est toutefois l’occasion pour lui de démontrer une nouvelle facette de son talent : celle de pompier. Tout en demeurant la présence sécurisante qu’il est pour ses deux comparses, il s’évertue à tirer, avec succès, le meilleur de son instrument pour palier aux limites de ce dernier. Dès Haydn, ces avaries s’estompent donc face à sa fluidité et à sa précision. Auxquels viendra par la suite s’ajouter une très bonne intensité dramatique.

Finalement, Eva Zavaro est tout en puissance et en virtuosité. Ses expressions faciales trahissent les tonalités des mélodies qu’elle joue et, dès le deuxième mouvement du trio de Haydn, elle prend son envol. Elle semble à elle seule symboliser le nouvel essor du trio : des personnalités musicales s’affirmant toujours plus, tout en conservant une profonde harmonie. C’est peut être cela, le secret des grandes formations.

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