AccueilSpectaclesComptes-rendus de spectacles - InstrumentalCarnaval des animaux façon Vizorek : au poil !

Carnaval des animaux façon Vizorek : au poil !

JEUNE PUBLIC – Au cœur d’un grand festival dédié à la jeunesse, l’Opéra de Vichy accueille une production du Carnaval des Animaux réunissant formation instrumentale maison et une experte du live painting, accompagnés d’un Alex Vizorek qui se trouve là comme un poisson dans l’eau. Et à la fin, c’est tout le monde qui fait plouf !

Et zou, direction l’Opéra de Vichy, pour un nouveau chouette concert qui s’y annonce. Zou ? Zoo, plutôt (elle est bonne). Car c’est bien le Carnaval des Animaux qui est annoncé… en plein Tintamarre ! Tintamarre, comme le nom de ce festival jeunesse qui n’en finit plus de faire du bruit dans l’actualité locale, à chaque automne venu, et qui voit encore des centaines d’enfants se presser comme des sardines dans la grande salle jaune vichyssoise, pour le spectacle constituant le temps-fort de cette édition 2025. 

Vizo de Vincennes

Mais, sans doute impressionnées par la majesté du lieu, voici qu’elles se font muettes comme des carpes, ces petites têtes blondes, à l’heure de voir le rideau se lever sur un monde nouveau pour eux (ou presque). Un monde où se rencontrent musique, théâtre, dessin, mais aussi conte. Et c’est d’ailleurs un narrateur bien connu de leurs parents qui se présente là, en devant de scène, avec son costume où ne manque finalement que la queue de pie : un certain Alex Vizorek.

Une bête de scène connue comme le loup blanc pour donner vie à un carnaval pas vraiment comme les autres ? En voilà, une idée qui a du chien. Et l’humoriste s’en donne à cœur joie, d’ailleurs, à l’instant d’abord de faire connaissance avec les enfants, à la manière d’un Jacques Martin cherchant à savoir ce que papa fait dans la vie. « Et toi, tu as quel âge ? ». « Et toi, tu joues de quel instrument ? ». Et les enfants de lever le doigt si haut qu’ils en toucheraient presque la coupole de l’immense salle, celui-ci racontant fièrement qu’il avait trois ans en montrant quatre doigts, un autre bougeant énergiquement la tête pour dire qu’il faisait du piano, bien évidemment.

Saint-Saëns, dans tous les sens

Des enfants pour qui la musique n’est donc pas tout à fait une jungle hostile, donc. Et un conteur rusé comme un renard à l’heure de chercher le bon mot, la bonne formule, pour faire sourire les petits…et plus encore leurs parents. Dans un récit à la sauce savoureuse et piquante, voici ainsi se présenter un lion à la crinière aussi royale que l’égo (« l’Etat, c’est moi », rugit-il), des coqs et des poules qui jouent à inverser les rôles (les secondes mettant ainsi des pattes aux croupions des premiers), ou encore des volatiles qui se donnent des noms d’oiseaux, of course (et l’ibis de devenir, ainsi, un pauvre maître d’hôtel). 

De quoi verser des larmes non de crocodiles mais bien de rire, dans ce « Carnaval qui n’est pas de Rio, mais bien celui des animaux », où « Camille Saint-Saëns part dans tous les sens », dixit un humoriste à la rime généreuse et à la drôlerie contagieuse. Car les musiciens, pour la grande majorité professeurs au conservatoire local, se font tous complices des blagues du maître conteur, même si celui-ci s’entend comme chien et chat avec le clarinettiste. Lequel se lève carrément et s’en va, en plein spectacle, après que le narrateur lui a fait comprendre que non, définitivement, le son fleuri de son instrument ne ferait pas l’affaire pour jouer l’éléphant. 

Il suffira d’un Cygne 

Mais c’est pour de dire bien entendu, et tout le monde redevient vite doux comme des agneaux, à l’image de cette contrebasse qui le joue fort bien, cet éléphant, avec ses gros coups d’archets et ses graves imposants, quand le violoncelle d’Axel de Jenlis (qui assure aussi la direction musicale) donne davantage dans la poésie et la tendresse à l’heure de donner vie au fameux Cygne. Quant aux violonistes, à l’altiste et à la flûtiste, ils montrent tout leur talent, aussi, pour faire marcher les Tortues en une marche expressive et élégiaque, et pour faire de la musique de l’Aquarium, bien connue à Cannes, un véritable festival de sonorités enchanteresses. 

Fossiles, vraie rigolade

Et le xylophone, avec sa faim de loup, prend évidemment toute sa part dans ce récit musical, tout comme un duo de pianistes qui, avant l’arrivée des Fossiles, se régale à jouer ses gammes à la manière de vrais débutants, un art finalement pas si aisé. De l’entrain pour tous et partout, donc, jusque dans un final totalement euphorique où la clarinette redevient virtuose, elle qui n’est finalement plus fâchée et qui a aussi survécu aux coups de marteau d’un narrateur lassé, un peu plus tôt, par le chant trop répétitif du Coucou.

À lire également : Carnaval des animaux : Alex Vizorek en maître enchanteur

Alors, soudain devenues bavardes comme des pies après une heure de rires et d’écoute attentive, les enfants, mais aussi les plus grands, réservent finalement une ovation à leur conteur du soir, aux musiciens, mais aussi à une illustratrice, Karo Pauwels, dont les dessins d’animaux en live auront su faire mouche auprès d’une audience revigorée par ce joyeux Carnaval. Un spectacle qui, pour rigoler et entendre de la belle musique, est définitivement au poil !

Sur le même thème

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

Vidêos Classykêo

Articles sponsorisés

Nos coups de cœurs

Derniers articles

Newsletter

Twitter

[custom-twitter-feeds]