AccueilA la UneBeethoven et Dvořák bucoliques au Festival Radio France Montpellier

Beethoven et Dvořák bucoliques au Festival Radio France Montpellier

COMPTE-RENDU – À l’occasion de la 41e édition du Festival Radio France Occitanie Montpellier, l’Orchestre Les Siècles, rejoint par le chef Jakob Lehmann et le violoncelliste Christian-Pierre La Marca, ont donné à entendre le Concerto pour violoncelle de Dvořák et la Symphonie Pastorale de Beethoven. Un programme aux accents champêtres, marqué par la présence d’un invité mystère (à découvrir à la fin de la chronique).

Promenons-nous dans les bois

… mais les cordes valent le détour aussi. Lors de l’exécution de la Pastorale, c’est sur elles que repose l’harmonie de l’ensemble les Siècles, dans une symbiose particulièrement solide et énergique, chapeautée par un premier violon très en voix (ou plutôt, très en cordes). Sur ce socle immuable, les timbres des autres instruments saillent. D’abord les cuivres ronds, les hautbois et clarinettes solaires, une flûte qui surprend par sa sonorité baroque assez boisée et pastorale (ça tombe bien). Il faut rappeler que l’ensemble Les Siècles joue sur des instruments d’époque, dans un souci de retrouver le jeu et les couleurs originelles. Une exigence que partage aussi le chef Jakob Lehman. Sous sa battue, les phrasés sont très droits, sans épanchements romantiques, ce qui pourrait donner l’impression d’un manque de nuances et de légèreté, mais laisse d’autant mieux ressortir les voix, dévoilant toute la richesse mélodique et harmonique de l’écriture beethovénienne. L’orage du quatrième mouvement est particulièrement impressionnant, avec un jeu de relief entre timbres graves et aigus des plus convaincants.

Et l’invité mystère est…

… le violoncelle de Christian-Pierre La Marca. À vrai dire, la surprise ne tient pas à la présence du soliste, qui était bien annoncée, mais bien à l’instrument lui-même : un violoncelle fabriqué par un luthier anonyme, entre la fin du XVIIIe siècle et les années 1830. Sa sonorité est unique en son genre. « Fruitée », nous dit le programme de salle. Le terme « nacrée » conviendrait aussi, avec un bel équilibre entre un grain métallique léger et une chaleur caressante. C’est cependant dans le registre grave qu’il révèle toute la richesse de sa palette. Le Concerto pour violoncelle d’Antonin Dvořák (dit parfois 2e concerto, mais le premier est resté à l’état d’esquisse jamais été orchestrée) apparaît comme l’œuvre adéquate, permettant d’explorer tout l’ambitus de l’instrument et ses possibilités expressives. Et comme le hasard fait bien les choses, son Allegro moderato a des accents de fête pastorale bohémienne, bien dans le ton de la soirée.

La salle n’est pas totalement remplie, mais l’enthousiasme du public se fait bien entendre dans un tonnerre d’applaudissements. Un programme rafraîchissant par cette canicule écrasante au-dehors.

À Lire également : Jean-Francois Zygel invoque son Beethoven à lui au Grand Théâtre de Provence

© Alyssa Leroy

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