COMPTE-RENDU — Ce samedi 25 juillet 2026, pour ouvrir sa 77ème édition, le Festival de Musique de Menton accueille Gautier Capuçon et l’Orchestre Philharmonique de Nice dirigé par Lionel Bringuier pour un programme associant Saint-Saëns à Beethoven. Une soirée qui aura finalement été dominée par un invité que personne n’avait inscrit sur l’affiche : l’orage.
Premier bulletin
Le parvis de la Basilique Saint-Michel-Archange possède déjà quelque chose d’irréel. Après les ruelles du vieux Menton, le regard s’ouvre sur les façades aux accents italiens, la Méditerranée en contrebas et les pierres de l’église qui prennent une teinte dorée à la tombée de la nuit. Les bougies disséminées sur les anciens supports d’illumination transforment ce décor en scène de théâtre. L’Orchestre Philharmonique de Nice, pourtant installé en plein air, y trouve naturellement sa place grâce à une acoustique qui conserve toute la présence des œuvres.
La météo, elle, semble moins décidée…
Vigilance ora(n)ge
La soirée s’ouvre par les discours protocolaires, en présence notamment du prince Albert II de Monaco. La Maire, Alexandra Masson inaugure officiellement cette édition. Au même moment, les premiers éclairs commencent à zébrer le ciel au-dessus de la basilique. Quelques minutes plus tard, le tonnerre répond à son tour.
Le concert peut commencer, mais chacun garde désormais un œil sur les nuages.
Sous surveillance
Quelques gouttes tombent, juste assez pour susciter une discrète inquiétude sur l’instrument de Gautier Capuçon, sans jamais interrompre la musique. Son jeu se caractérise par des attaques qui restent franches, la pression exercée sur les cordes laisse apparaître leur grain avant que le violoncelle ne retrouve toute sa souplesse dans les phrases les plus chantantes. Lionel Bringuier obtient de son côté un accompagnement particulièrement attentif, laissant constamment l’espace nécessaire au soliste tout en conservant une véritable respiration orchestrale. Les éclairs continuent d’illuminer la façade de la basilique et certains grondements semblent presque prolonger les interventions des percussions qui ouvrent une lecture vive et lumineuse… Les cordes restent souples tandis que les bois font ressortir avec finesse les dialogues.
Fin d’alerte
L’orage paraît finalement renoncer. Le seul véritable incident viendra finalement de la salle. Une spectatrice est victime d’un malaise dans les derniers instants de la Symphonie. Les secouristes interviennent rapidement et la prennent en charge pendant que l’orchestre poursuit son interprétation. Plus de peur que de mal : quelques instants plus tard, elle reprend connaissance.
Au terme de cette soirée, la pluie n’est jamais vraiment tombée. Les éclairs, eux, auront accompagné Saint-Saëns et Beethoven jusqu’à la dernière note, comme s’ils avaient finalement préféré écouter le concert plutôt que l’interrompre.
Demandez le programme
- C. Saint-Saëns – Concerto pour violoncelle n° 1
- L. v. Beethoven – Symphonie n°4
- Bis : B. Dessner – Towards the Forest
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