COMPTE-RENDU – Le Théâtre national de la Danse convoque l’esprit allant du Moulin Rouge et Crazy Horse aux scènes queer et contemporaines : le cabaret prouve qu’à 150 ans il a toujours la pêche !
Ici, pas question de s’installer confortablement dans son fauteuil et d’attendre que le spectacle commence. Le principe est celui d’un parcours surprise préétabli, avec plusieurs étapes dans trois lieux différents de Chaillot. Les spectateurs peuvent arriver entre 18h30 et 21h30, avec un nouveau parcours toutes les 45 minutes. Résultat : impossible de savoir exactement sur qui on va tomber. Mais pas de panique : chaque parcours promet de jolies surprises et comprend toujours deux incontournables : le Moulin Rouge et le Crazy Horse. Bref, une manière ludique de découvrir de nouvelles scènes alternatives tout en capitalisant sur les institutions mythiques…
Pour nous guider dans cette déambulation festive, l’excellent maître de cérémonie, Martin Dust, fondateur du Cabaret de Poussière, ne se contente pas de présenter les numéros. Il improvise et fait quelques blagounettes.
Cœur d’Artishow
Premier stop : les grands escaliers de Chaillot, occupés par Artishow, cabaret transformiste de Paris. Avec « I’m Alive », la parodie est franchement irrésistible. Céline sort presque de son corps et nous nous levons. On chante, on danse, on rit : bref on est déjà chauds pour les autres numéros.
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Chanson française les jambes en l’air
Deuxième stop : le Grand Foyer pour retrouver les filles du Moulin rouge, l’incontournable des soirées parisiennes depuis 1889, La Bouche, cabaret queer à l’énergie festive et subversive et le Lapin Agile, le cabaret mythique de Montmartre.
Impossible d’échapper à la fameuse démonstration du French Cancan. Les jambes volent en l’air, claquent sur le sol, montent à une hauteur vertigineuse et donnent parfois l’impression qu’un pied pourrait finir sa course directement dans le nez de la voisine. Le tout avec les cris à l’appui. Spectaculaire et toujours aussi efficace : ce numéro nous laisse sans voix et pourtant, on va en avoir besoin pour chanter par la suite. Changement radical d’atmosphère avec La Bouche : ici le cabaret queer scintille. Puis retour dans le passé avec le Lapin Agile : pas de micro, pas de sono, pas d’artifice. Juste les grands classiques du répertoire français et un public qui chante. Et lorsque retentit Edith Piaf, pas d’excuse : toute la salle s’y met.
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Crazy Girls et papi survolté
Dernier stop, salle Firmin Gémier où trois tableaux emblématiques du Crazy Horse se succèdent : I’m a Good Girl, Miss Bisou et Baby Buns. Glamour, audacieux, sensuel, parfois drôle, mais jamais vulgaire. Une féminité libre et assumée, qui passe autant par la lumière et la mise en scène que par les corps et la danse. Bref, un moment inoubliable : voir les filles du Crazy Horse, ça reste quelque chose de … crazy ! Entre deux tableaux Les Sea Girls débarquent pour jouer les trouble-fêtes. Une autodérision joyeuse et grinçante avec des costumes extravagants. Autre invité de la soirée : Michel Forever, le papi qui ne se couche jamais. L’artiste déboule avec une énergie communicative et une envie manifeste de faire participer tout le monde.
Drag, French Cancan, chanson, burlesque, transformisme, cabaret queer, jeux de lumière, … le cabaret français a décidément encore de beaux et longs jours devant lui.
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