AccueilA la UneÀ Colmar, voyage musical entre France et Norvège

À Colmar, voyage musical entre France et Norvège

COMPTE-RENDU – Dans le cadre du Festival international de Colmar, l’Orchestre Symphonique de la Monnaie, conduit par Alain Altinoglu, proposait ce lundi 6 juillet à l’église Saint-Matthieu un concert éclectique, entre la France et la Norvège. De Berlioz à Edward Grieg en passant par Camille Saint-Saëns.

Attachez vos ceintures, l’avion peut décoller ! Le voyage s’ouvre par les éclats théâtraux de Berlioz. Afin de mettre tout de suite le spectateur dans une ambiance de carnaval. La mélodie, emplie d’emphase, se répercute contre les murs de l’église Saint-Matthieu. C’est Alain Altinoglu, le directeur du Festival en personne, qui dirige son Orchestre de la Monnaie. Tout en maîtrise et avec légèreté.

© FIC – Bertrand Schmitt
Edgar Moreau hypnotise les spectateurs

L’esprit festif de Berlioz laisse place à Camille Saint-Saëns et à sa mélancolie concertante. Edgar Moreau entre en scène, salué par une salve d’applaudissements. Le jeune violoncelliste, reconnu comme l’un des plus grands talents de sa génération, prend place. Il ne faiblit pas et profite du relais pris par l’orchestre pour s’éponger le visage. Un répit plus que bienvenu. Puis, il repart. Il mouille le maillot mais ne perd rien de sa virtuosité. Son violoncelle tangue avec lui, comme une barque chahutée par les flots. En communion avec le public, Edgar Moreau soulève son instrument, comme un trophée. Le public continue d’applaudir après la sortie du jeune prodige, contraint de revenir sur scène pour saluer. L’entracte arrive alors. La musique norvégienne vient à point nommé rafraîchir l’atmosphère.

© FIC – Bertrand Schmitt
Les charmes scandinaves avec Sofia Nesje Enger
© FIC – Bertrand Schmitt

Direction les fjords de Norvège, avec Peer Gynt d’Edvard Grieg. Edgar Moreau parti, c’est au tour de Sofia Nesje Enger de monter sur scène. La soprano norvégienne incarne une Solveig touchante et mélancolique. Très vite, elle émeut le public par sa voix colorée, maîtrisée sur l’ensemble de la tessiture. Celle-ci, parfois légèrement couverte par l’orchestre, pourrait cependant porter un peu plus.

La partition d’Edvard Grieg se termine sur les échos caverneux de l’antre du roi de la montagne. Un éclat épique qui sonne comme le point d’orgue du concert. Puis, les spectateurs se lèvent et un tonnerre d’applaudissements retentit pour féliciter la chanteuse.

Avant d’atterrir, la compagnie nous offre une escale surprise du côté de l’Afrique du Nord, avec le Pas des esclaves nubiennes issu des Troyens de Berlioz.

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