AccueilA la UneÉtincelles espagnoles au Festival Ravel

Étincelles espagnoles au Festival Ravel

COMPTE-RENDU – Nuit dans un jardin d’Espagne, voici le titre retenu pour l’ouverture du Festival Ravel 2026 à Saint-Jean-de-Luz, avec le pianiste Bertrand Chamayou et l’Orchestre national du Capitole de Toulouse placé sous la baguette experte de Josep Pons.

Le thème central des influences musicales réciproques de l’Espagne et de la France fait voyager cette année l’ensemble de la programmation du Festival Ravel, ce également à l’occasion des 150 ans de la naissance de Manuel de Falla.

Le Voyage colle aux Basques

Qui d’autre que le chef catalan Josep Pons se trouverait effectivement plus à même de conduire les auditeurs, venus nombreux au sein de la splendide église Saint-Jean-Baptiste de Saint-Jean-de-Luz, vers les sortilèges de l’Espagne et ses nuits voluptueuses ? Avec le pianiste Bertrand Chamayou, directeur artistique du Festival et interprète majeur des œuvres pianistiques de Ravel, et le formidable Orchestre national du Capitole de Toulouse, qui a beaucoup joué la musique de Manuel de Falla, le chemin semblait idéalement tracé…

Il le fut effectivement pour le plus grand bonheur de tous, avec en sus toute la majesté requise dans cette église qui vit en 1660 le mariage du jeune Louis XIV et de l’Infante d’Autriche Marie-Thérèse dans le cadre du Traité des Pyrénées.

Photos © Festival Ravel – Mathias Bracho Lapeyre
Ravel, Français et Espagnol de cœur

Orchestrée par Maurice Ravel en 1908, d’après la version pianistique initiale pour quatre mains, sa Rapsodie espagnole pare ses quatre mouvements d’authentiques couleurs ibériques par un libre emploi des rythmes et des mélodies locales. Elle intègre à son orchestration tant des castagnettes qu’un tambour basque, instruments bien connus du compositeur né à Ciboure à quelques mètres de l’église du concert. Plus proche des passions et de certaines dissonances inspirées du flamenco, sensuelle aussi, Alborada del gracioso apparaît comme un morceau de rêve pour l’orchestre qui ici s’en donne à cœur joie sous la baguette de Josep Pons. Bien entendu, le Boléro était attendu par tous. Débuté comme une forme de murmure à peine perceptible, les voiles se gonflent petit à petit et s’amplifient pour parvenir à cette exposition finale qui cueille toujours le public.

De Falla, l’Espagne dans toute sa magie

Finalisées par le compositeur en 1915, les Nuits dans les jardins d’Espagne avec ses trois mouvements dont les deux derniers flamboyants, offrent une place privilégiée au piano non en tant que soliste, mais plutôt comme l’instrument principal qui codifie et semble comme fédérer les assises rythmiques de l’orchestre. Cette conception spécifique convient au mieux à Bertrand Chamayou qui impose une vision assez élaborée et brillante de ces « impressions symphoniques » comme Manuel de Falla dénommait cette œuvre. Les senteurs et la nature luxuriante des jardins d’Espagne ressortent de l’interprétation d’ensemble. Avec le ballet le Tricorne-suite n°2- Au Generalife, Danse Lointaine et Dans les Jardins de la Sierra de Cordoue, c’est toute la danse espagnole qui se magnifie encore un peu plus.

La direction musicale de Josep Pons se montre éblouissante et raffinée, pleine de verve et de vivacité. L’Orchestre du Théâtre du Capitole de Toulouse à son zénith apparaît fin prêt pour la saison chargée qui s’annonce devant lui.

Voyage, Voyage…

Et en bis, Bertrand Chamayou fera entendre pour la seconde fois de la soirée, mais ici dans sa version pour piano seul, Alborada del Gracioso de Maurice Ravel.

À Lire également : Dans Ravel, tout est bon ?

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