COMPTE-RENDU – La rentrée bat toujours son plein ! Pour clôturer son académie estivale 2026, la Philharmonie de Paris accueille les jeunes musiciens aux côtés des titulaires de l’Orchestre de Paris, à l’occasion de cette troisième édition, dirigés par Olha Dondyk la lauréate de La Maestra 2024 et Klaus Mäkelä.
Aiguisez vos crayons
Jamais une classe n’a été aussi sage en attendant sa maîtresse. L’année promet donc d’être fluide et fructueuse. La salle, grouillante de parents et proches impatients d’entendre les progrès de leurs petits devenus grands, envoie une belle énergie aux musiciens. Olha Dondyk, est donc leur premier maître(sse) de cérémonie : la cheffe d’orchestre adjointe de l’Orchestre de Paris (2025-2026), enclenche la Symphonie n°3 « Liturgique » d’Arthur Honegger avec détermination. D’un geste marqué bien que fluide, elle appuie les dissonances parfois caco-phoniques de la pièce. La montée vers le climax du deuxième mouvement se tisse avec intelligence et une tension dramatique lourde s’installe. Un bel équilibre est trouvé entre les violons et les altos, ceux-ci laissant entendre les ronds médiums/graves de leur partition. Un travail de précision encore plus poussé notamment lors des passages de relais entre les pupitres aurait permis de parfaire cette prestation.
Dictée surprise !
Le directeur pointe le bout de son nez… Les élèves seront-ils aussi disciplinés avec Klaus Mäkelä et Camille Saint-Saëns ? C’est un pianissimo d’une légèreté absolue qu’obtient le chef finlandais en ouvrant la Symphonie n°3 « Avec orgue ». Le son des cordes, indéniablement uni, diffère de manière conséquente de la pièce précédente, créant un effet de fraîche surprise sur l’auditeur. Mäkelä dirige sans partition, et en réalité, ne dirige pas. Son corps entier se fait vecteur en incarnant la musique. Il occupe tout l’espace de l’estrade pour communiquer son dynamisme et son grand plaisir de conduire, gardant malgré tout une économie de mouvement. Les nuances sont acérées, les gradations de l’intensité sonore se faisant beaucoup plus fines que d’ordinaires. Le regard du spectateur, aimanté à la silhouette du chef, sursaute quelque peu à l’entrée du grand orgue au dernier mouvement, solennel et triomphant. Les pupitres multiples ressortent avec clarté et le mélange des sonorités inhabituelles, des nappes de cordes, du piano et de l’orgue suscitent une curiosité palpable.
Remise des diplômes
L’audience rugit, littéralement, à l’issue du concert, fière de ses protégés de tous âges. Les jeunes musiciens sont longuement et bruyamment applaudis, les musiciens tuteurs plus chevronnés, parsemés dans l’orchestre, également. L’académie porte ses fruits et promet de belles rentrées à venir, notamment pour les trois musiciennes sélectionnées pour l’Académie Studio 2027 (Miyu Kitsuwa, Emma Guerreiro, Oriane Lavignolle), réel saut vers la vie professionnelle. Félicitations ! et bonne rentrée.
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