COMPTE-RENDU — Un orchestre symphonique, des contrôleurs électroniques, des lasers et des chœurs : l’OSM change de dimension avec Apashe, pour une expérience qui tient autant du concert que de la grand-messe électronique.
L’OSM passe en mode électronique
Sur scène, l’Orchestre symphonique de Montréal (OSM) partage l’espace avec Apashe et ses machines. Aux commandes, Dina Gilbert dirige cette rencontre entre musique symphonique et électronique, épaulée par les Chœurs des Petits Chanteurs de Laval. Derrière les pupitres, des ampoules jaunes s’allument par vagues, tandis qu’un écran translucide se couvre de textures abstraites. Les lasers traversent bientôt la brume : depuis le parterre, on contemple un ciel bleu nuageux ; depuis les balcons, un océan.

Des basses, des cuivres et quelques décibels de civilisation
Apashe superpose les textures, les voix, les effets et les percussions, tandis que les arrangements de Hugo Bégin donnent à l’orchestre une véritable place, avec des passages entièrement réécrits et une complexité harmonique accrue. Un organiste vient même faire trembler la salle, quand d’autres interventions sont assurées par Apashe sur ses contrôleurs électroniques.

Le dispositif impressionne, mais le son n’est pas toujours à la hauteur de l’ambition : certaines fréquences aiguës des micros deviennent stridentes et les basses restent étonnamment discrètes, malgré les caissons de graves. Deux morceaux sont tronqués de leur dernier drop, notamment « Distance », avec Geoffroy, dont les manipulations sonores difficiles à reproduire en direct ne sont pas réalisées (et on comprend…).
Des voix, des visages et des histoires
Wasiu déborde de joie communicative et reçoit un accueil chaleureux. Plus réservées, Cherry Lena, Kroy et Lia Kuri investissent chacune la scène à leur manière, avec des timbres et des styles distincts. Pour « Kyiv », Alina Pash apparaît depuis le fond de la salle, accompagnée de choristes munis de lanternes. Son discours rappelle le contexte ukrainien de la chanson, porté par des sonorités folkloriques et des costumes traditionnels.

Un requiem pour finir
Après trois ovations debout, environ quinze minutes d’applaudissements prolongent la soirée. En guise de bouquet final, des fragments du Requiem de Mozart viennent rencontrer les sonorités d’Apashe. Une conclusion à la mesure de ce concert : spectaculaire, parfois imparfait, mais suffisamment singulier pour donner envie de revenir à toutes les dates.
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