FESTIVAL – Renaud Capuçon au violon et Guillaume Bellom au piano passent à la Basilique Saint-Sauveur de Rocamadour une double soirée d’été Brahmsien, décliné en trois Sonates.
Pas de coucher de soleil sur la falaise ce soir, mais un crépuscule brahmsien dans la pénombre de la Basilique Saint-Sauveur de Rocamadour. Et comme un double alignement d’astres, Renaud Capuçon et Guillaume Bellom donnent le même programme deux fois d’affilée dans la même soirée : de quoi passer par deux fois du soleil à la lune comme pour éclairer, de teintes différentes, de mêmes échos.
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Soleil noir
La lumière et l’endurance sont celles du violoniste, et par-dessus tout de son violon : un Guarneri del Gesù de 1737 (ou violon Panette, du nom d’un Vicomte, pour les plus connaisseurs), à la sonorité charnelle, profonde, parfois même rocailleuse. Dès les premières mesures, Renaud Capuçon se plaît à faire chanter son bois avec un vibrato généreux et une forte projection. Il s’adapte à l’acoustique dense de la basilique, utilisant l’archet sur la pointe pour alléger les lignes, sans jamais perdre la tension dramatique.

Lune froide
Mais parfois l’intelligibilité se brume, face au jeu toujours aussi précis de Guillaume Bellom, fluide, techniquement irréprochable. Mais l’on aimerait parfois qu’il se laisse davantage emporter, comme dans certains élans d’arpèges, où surgit une fougue presque inattendue, convoquant presque Saint-Saëns. La complicité, l’alignement de ces deux musiciens est évident, fruit d’une collaboration durable, née presque par hasard (Bellom, jouant par ailleurs aussi du violon, fut le professeur de musique du fils Capuçon), et aujourd’hui parfaitement rodée. Les deux musiciens nous offrent deux facettes Brahmsiennes, toujours en complémentarité, à l’image d’une chorégraphie entre la lune et le soleil. Dans ce rendez-vous musical, le violoniste se rapproche, encourage, déploie ses chauds rayons. Dans cet univers acoustique, ce vaisseau réverbérant, certains passages graves perdent de leur subtilité mais rien d’alarmant dans ce léger voile sur des intentions plus fines.

Heureux-scope
Conquis avec mesure, le public applaudit à trois reprises ce duo miroitant, cette soirée ni démonstrative, ni spectaculaire et qui relevait plutôt d’un raffinement patient, d’un art du détail et du climat, ce dialogue sans mots, cette écoute profonde, et ce frisson particulier qui survient lorsque deux musiciens parlent d’une même voix. Les notes se couchent alors que la lune se lève : une entrée de jour et une sortie de nuit pour de beaux rêves.
Demandez le programme
J. Brahms – Sonate pour violon et piano n°2, op. 100
– Sonate pour violon et piano n°3, op. 108
– Sonate pour alto et piano n°2, op. 120 (transcription pour violon)
BIS : La Sicilienne de Maria Theresia von Paradis



Merci de votre visite pour le 20ème festival de Rocamadour, qui nous a offert de nombreuses et superbes découvertes musicales, et rendez-vous les 13 janvier à Gramat et le 14 janvier à Paris pour l’annonce du programme du festival 2026 (du 15 au 26 août).
Merci de votre visite pour le 20ème festival de Rocamadour, qui nous a offert de nombreuses et superbes découvertes musicales, et rendez-vous les 13 janvier à Gramat et le 14 janvier à Paris pour l’annonce du programme du festival 2026 (du 15 au 26 août).