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Trois Cygnes au Théâtre du Capitole

COMPTE-RENDU – Trois Cygnes à l’Opéra national du Capitole de Toulouse, tels trois ingénieux et braves petits neveux prêts à tout pour épater leur grand oncle Piotr, qui est un peu bougon !

Sous le dôme du théâtre, ce sont quatre chorégraphes aux esthétiques diverses qui proposent leur réinterprétation contemporaine de l’iconique Lac des Cygnes. La première pièce, chorégraphiée par Nicolas Blanc, « Cantus Cygnus » (qu’on surnommera Riri !), nous transporte dans un voyage au cœur de l’univers du Lac par le sensible. La deuxième pièce, signée Jann Gallois « Incantation » (Fifi !), reprend l’aspect mystique de la pièce initiale avec seulement 4 danseurs au plateau. On finit la soirée en apothéose avec le duo de chorégraphes Iratxe Ansa et Igor Bacovich qui nous offre une ode à l’antagoniste du ballet avec « Black Bird » (Loulou !) : le cygne noir.

La bande à Tchaïkovski

S’attaquer au monument de ce grand oncle Tchaïkovski semble être un pari risqué, surtout en faisant appel à des chorégraphes si différents. La continuité entre les pièces est tout de même garantie par une mise en lumière commune assurée par Johannes Schadl, ainsi qu’une scénographie et des costumes pensés par Silke Fischer. Une équipe artistique qui vaut des milliards donc !

Chaque pièce, à sa façon, nous transporte au cœur du ballet par différents chemins. « Cantus Cygnus », le premier de la bande, joue la carte de la sobriété. La scène est principalement habillée d’une fumée blanche, comme un brouillard marécageux dans lequel évoluent les danseurs. Leurs costumes, rappelant les tenues traditionnelles du ballet, sont nuancés par la partition chorégraphique. Les mouvements amples sont tranchés par des passages au sol ou encore des marches avec les pieds en dedans. Par sa franchise, Riri affirme ici son rôle de leader.

Trois Cygnes – Cantus Cygnus au Théâtre du Capitole © David Herrero

Avec « Incantation », Jann Gallois reste fidèle à son esthétique contemporaine en proposant une lecture du ballet uniquement avec les quatre protagonistes, le prince, le cygne blanc, le cygne noir et le sorcier. Ils s’emmêlent et se démêlent en gardant le plus possible un contact physique les uns avec les autres, tous reliés par la malédiction. La chorégraphe use de la répétition à de nombreux moments, laissant transparaître son intention première : traiter la transcendance. C’est que Fifi est le plus introspectif !

Trois Cygnes – Incantation au Théâtre du Capitole © David Herrero

Dans « Black Bird », on assiste à un retournement de situation. Les chorégraphes mettent sur le devant de la scène le vilain petit canard (encore un !) : Odile, le cygne noir. Personnifiée par deux danseuses, qui bougent face à face en miroir, elle évolue dans un paysage brumeux entre sauts aériens et grands battements, tranchés par plusieurs passages au sol. Loulou est rebelle, il est celui qui donne le plus de fil à retordre à son oncle…

Trois Cygnes – Black Bird au Théâtre du Capitole © David Herrero
Pas de Rapetou à l’horizon !

Les trois pièces conservent l’esthétique initiale du Lac des Cygnes, que l’oncle Tchaïkovski jalouse pourtant comme son coffre-fort. On retrouve les ports de bras caractéristiques des cygnes ainsi que l’atmosphère onirique et mystérieuse de l’histoire originelle. Lorsque le rideau tombe, les riches ovations du public ne se font pas attendre. C’est décidément le plus grand boss de toute la ville !

À Lire également : Angelin Preljocaj nous fait un cygne à Aix-en-Provence

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