AccueilA la UneSous les bottines d’Adèle Berry, Paris s’illumine

Sous les bottines d’Adèle Berry, Paris s’illumine

COMÉDIE MUSICALE – Au Théâtre Déjazet, Adèle Berry de Yanowski ouvre avec un éclat assumé les Hivernales (six spectacles d’un même auteur dans une saison : le pari est ambitieux). Et pour commencer, tout repose sur… une paire de bottines. Comme quoi, les grandes aventures tiennent parfois à peu de chose.

Les bottines qui changent tout

Adèle, en chaise roulante depuis l’enfance, découvre qu’une paire de souliers mystérieux lui permet de marcher la nuit. La voilà qui s’échappe vers les docks de Londres 1880, entre saltimbanques, dockers et ombres inquiétantes. Elle a quelque chose du héros de Pinocchio : même curiosité un peu imprudente, même envie d’explorer le “monde interdit”. Sauf qu’ici, pas de nez qui s’allonge — juste des bottines qui libèrent au lieu de punir.

Le spectacle assume son ton de conte initiatique lumineux. Les ambitions de fresque politique restent discrètes : quelques touches sociales, une pointe de satire, mais le cœur est ailleurs. On parle surtout d’émancipation, de mouvement, de ce moment précis où l’on quitte la chambre pour affronter la ville.

Un pas dans la magie de Londres

La mise en scène d’Emmanuel Touchard privilégie une simplicité mobile : lit, tonneaux, piano, accessoires qui circulent. Pas de décor monumental, mais une atmosphère suggérée. Londres prend forme grâce au mouvement et aux costumes très réussis de Léa Benitah, qui installent immédiatement la couleur victorienne.

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Les lumières de Frédéric Brémond sculptent les ambiances, tandis que la chorégraphie de Laurence Perez occupe une place centrale. Parfois, la ville semble sortir de l’imaginaire d’Adèle ; parfois, ce sont les rues elles-mêmes qui s’animent dans des scènes collectives dynamiques, presque cinématographiques.

Les chaussures, la troupe… et l’ombre au coin de la rue

Céleste Hauser incarne une Adèle sensible et engagée. Vocalement précise, physiquement investie, elle rend crédible le passage de l’immobilité à la liberté. On souhaiterait parfois un texte légèrement plus posé pour savourer chaque mot, mais l’émotion circule sans difficulté.

Face à elle, Yanowski campe un Faith Damnable inquiétant, surtout dans la première partie. On aurait presque aimé le détester davantage — ce qui est finalement un compliment : le personnage aurait pu être encore plus développé. Disons qu’il effraie… mais avec élégance.

Autour d’eux, la troupe brille par son homogénéité : comédiens investis, chanteurs solides, danseurs précis. L’énergie collective est palpable, et cette cohésion donne au spectacle sa chaleur et son rythme.

Le pas des sons et des rues

La musique — composition de Yanowski, orchestration d’Emmanuel Martin, direction musicale et piano William Fruchaud — est l’un des grands atouts de la soirée. Violoncelle, clarinette, percussions : la palette est riche, alternant légèreté et tension. Certaines chansons s’installent immédiatement dans l’oreille, avec ces refrains qu’on imagine repris à la sortie du théâtre. Par moments, on frôle le musical façon Disney… version docks londoniens, brume comprise — et franchement, on s’y laisse prendre.

Dernier pas, public conquis

Ce soir de première, la salle était attentive, généreuse, réactive. Rires francs, silences concentrés, applaudissements nourris. Sous les bottines d’Adèle, Londres ne s’assombrit pas : elle devient terrain d’aventure. Un spectacle lumineux, accessible, qui rappelle que grandir commence souvent par un premier pas. Et si ce pas est chaussé de souliers enchantés, tant mieux.

© LLB – Adèle Berry Photos Francette Levieux

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2 Commentaires

  1. Si vous aimez l’univers de Dickens et de Mary Poppins, vous aimerez cette comédie musicale !
    De magnifiques voix, des chorégraphies pleines d’énergie accompagnée d’un orchestre sur scène !
    Une belle comédie musicale à vivre en famille !
    Bravo à la troupe !

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