COMPTE-RENDU — Avec La Grande Vie, présentée au 13ème Art, Manon Bouquet signe une création oxygénée, particulièrement bienvenue en cette période de canicule.
Repérée par Mourad Merzouki lors du concours Sobanova, la chorégraphe livre une pièce d’une vitalité contagieuse et d’une fraîcheur fédératrice. Son ambition est de réconcilier l’humain avec ses propres sensations et, plus largement, avec l’autre. Une intention qui irrigue l’ensemble de cette création, où le mouvement célèbre avec simplicité et justesse les liens qui nous unissent.
Les neuf interprètes insufflent une énergie communicative et donnent corps à cette célébration du lien, du contact et de la sensation.
On pourrait regretter des transitions musicales parfois un peu trop marquées, qui rendent perceptibles les coutures de la pièce et freinent par instants son élan. Un léger bémol pour une création qui confirme le regard singulier de Manon Bouquet sur les relations humaines et laisse le spectateur avec une belle sensation d’élan collectif.
On retrouve l’écriture de la chorégraphe, déjà perceptible dans ses collaborations avec Pomme et Angèle : un langage épuré, sensible, où le mouvement met les relations humaines au premier plan. Les gestes du quotidien – une bise répétée puis accélérée, des câlins d’une grande douceur – sont déconstruits avant de trouver leur place dans une structure chorégraphique d’ensemble d’une grande cohérence. Ce qui paraît d’abord spontané révèle progressivement une composition précise, qui éclate dans un bouquet final aussi puissant que jubilatoire.
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