AccueilA la UneSacré Mozart ! Toujours dans les bons coups, au Festival Lyrique en Mer

Sacré Mozart ! Toujours dans les bons coups, au Festival Lyrique en Mer

COMPTE-RENDU — « Sacré Mozart ! » C’est le titre du concert proposé par le chœur du festival Lyrique en Mer, avec les solistes invités et les jeunes artistes de l’Opéra Studio. Le programme, donné dans les églises de Belle-Île-en-Mer, propose trois pièces sacrées, dont le fameux Requiem, dans un arrangement inattendu pour cordes et accordéon.

De Mozart, qui fête cette année ses 270 ans, on retient surtout sa verve et son espièglerie à travers ses concertos et opéras (vous savez, ceux qui ont « trop de notes » !). Cependant, sa musique religieuse révèle une autre facette du personnage, plus mélancolique et angoissée. Son ultime chef-d’œuvre, le Requiem, en est l’exemple parfait. Il représente l’accomplissement d’une vie. Aussi brève que fut cette dernière, Mozart ne s’est pas fait en un jour ! Ainsi, le programme du concert offre-t-il à entendre des œuvres sacrées composées à différents moments de sa carrière musicale…

© David Giard
Quand Mozart se cherche

Du rayonnant et printanier « Exsultate Jubilate » (brillamment interprété par Alexandra Hewson, avec beaucoup d’enthousiasme et d’expressivité) à l’angoisse en clair-obscur de l’« Ave Verum Corpus », en passant par la solennité théâtrale du « Laudate Dominus », tiré des Vesperae solennes de confessore, les œuvres semblent tracer le chemin qui mène au Requiem. Entre les morceaux, un récitant donne lecture de plusieurs lettres de Mozart, mais cela semble presque accessoire tant les mots (traduits) du compositeur sont moins forts que sa musique. Que voulez-vous, on ne peut pas tout avoir !

© David Giard
Le Requiem d’une vie

Les arrangements inédits proposés par François Bernard, pour deux violons, violoncelle, piano et accordéon, ont de quoi surprendre. La présence de l’accordéon s’avère plutôt discrète. Il passerait presque pour un petit orgue ou un harmonium. Il faut dire que l’instrument d’Alexandre Prusse rend un agréable son boisé. Il peut également faire office de hautbois ou de clarinette, en apportant çà et là un ton de balade plaintif, comme sur l’entrée du Requiem. En revanche, il est totalement recouvert par le chœur sur les forti. Dans le « Tuba Mirum », il doit remplacer les cuivres, et malgré tous les efforts de l’accordéoniste, cela peine à convaincre. Le morceau en perd de sa gravité. Le baryton Renan Debois accuse par ailleurs une méforme qui entrave sa projection. Heureusement, il peut compter sur le ténor César Payrat, appliqué et démonstratif, pour l’épauler. Les deux solistes femmes, Jazmin Black Grollemund (soprano) et Marion Jacquemet (mezzo-soprano) sont très en place et leurs timbres se marient bien. La première, surtout, se distingue par son éloquence et son sens du phrasé.

La réduction pour cordes (deux violons et un violoncelle) manque d’ampleur sonore. Cela laisse le champ libre au chœur, grand gagnant de cette adaptation. Sous la direction énergique de Guillaume Paire, les choristes chantent à pleine voix et soignent leur articulation, apportant une intensité qui sied à l’œuvre. Les hommes, en minorité, sont placés au centre, les basses devant et les ténors au fond, ce qui rend ces derniers peu audibles. Il n’en demeure pas moins que le chœur amateur, composé pour l’occasion avec les artistes du festival, livre une prestation très solide.

Le public est ravi et applaudit à tout rompre. Ce sacré Mozart a encore réussi son coup !

À Lire également : Le Requiem de Mozart à Aix-en-Provence, de la pureté à la salissure

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