AccueilA la UneAvec Nussbaumer, le Menuhin Festival Gstaad offre un (T)chèque-cadeau

Avec Nussbaumer, le Menuhin Festival Gstaad offre un (T)chèque-cadeau

FESTIVAL — Comme à son habitude, au cœur de la champêtre vallée suisse de la Sarine, le Menuhin Festival Gstaad accueille durant un mois et demi quelques-uns des plus grands noms de la musique classique. Mais il invite aussi de jeunes pépites, dont un violoniste venu honorer la musique tchèque. Un choix payant !

Chaque été, il faut mettre au crédit du Menuhin Festival Gstaad de proposer, dans une vallée alpestre et six semaines durant, des concerts d’exception prenant pour cadre autant la grande « tente » blanche que les charmantes et médiévales églises du secteur. Et s’il y a beaucoup de grands noms, il y a aussi quelques jeunes pousses, tel ce violoniste suisse, Raphael Nussbaumer, applaudi dans ce même festival il y a trois ans après avoir joué le Concerto de Tchaïkovski avec le Gstaad Festival Amateur Orchestra, et cette fois-ci venu en la chapelle de Gstaad proposer un programme entièrement consacré à des compositeurs tchèques.

Pour dépenser toute son énergie, voici donc que le jeune virtuose convoque Dvořák bien
sûr, avec sa Sonatine pour violon et piano en sol majeur, mais aussi son gendre (mais
oui !) Josef Suk, auteur de quatre savoureuses Stücke pour violon et piano, sans oublier
enfin le plus contemporain Bohuslav Martinů dont est ici donnée l’une des cinq Sonates
pour violon
(la troisième, en l’espèce).

La carte jeunes

Et le code pour conquérir le public, le jeune instrumentiste le connaît déjà, malgré ses vingt ans. D’abord, se faire généreux dans les coups d’archet, faire s’unir la corde et le crin en des gestes amples mais jamais trop appuyés, solides mais d’une souplesse absolue, pour produire un matériau sonore aussi chantant que mélodieux. Il y a aussi ce vibrato, exquis et savamment dosé, venant faire reluire un phrasé empreint de poésie, de mélancolie et plus encore d’« exotisme », comme dans cet Allegro plus risoluto que jamais d’une sonatine de Dvořák renvoyant au Quatuor américain écrit quelques mois plus tôt en cette fin XIXᵉ siècle.

Gardez la monnaie !

Le compte est bon, donc, entre technique affirmée et musicalité raffinée, pour Raphael Nussbaumer qui, face à un répertoire pourtant exigeant, demeure toujours à son aise, qu’il faille enchaîner croches, doubles croches et même doubles cordes, avec les crescendos et accelerandi qui vont bien.

Le public paie cash, après cette heure d’un emballant concert, avec des applaudissements venant saluer l’art déjà rôdé du jeune prodige au violon, mais aussi le jeu appliqué, sonore et tout aussi musical de sa partenaire, la pianiste Kateryna Tereshchenko. Un duo sur lequel, anticipant sur l’avenir, beaucoup mettraient bien un petit billet pour parier qu’il sera radieux.

Raphael Nussbaumer et Kateryna Tereshchenko © Pierre Géraudie
À Lire également : Fondation Gautier Capuçon à Menton, Le concert qui ne voulait pas suivre son programme

Photo de Une : © Raphael Faux

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