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Toma que toma.. la claque que l’on se « prend » avec Rocío Molina à Chaillot

COMPTE-RENDU – La danseuse et chorégraphe espagnole Rocío Molina revient au Palais de Chaillot, avec son spectacle « Encender el Cuerpo » comme un hymne à l’échauffement – dans tous les sens du terme.

Allumer… le feu

Le projet est annoncé dès que les spectateurs entrent dans la salle, avec Rocío Molina s’acharnant sur des mouvements de Pilates intenses, sur une musique flamenco là encore à fond. Les muscles travaillent et la danseuse transpire déjà. Comme elle le dit elle-même, elle veut arriver devant le public « fatiguée et en sueur », et elle s’apprête donc à nous le montrer. On suit alors, d’un costume à l’autre, et d’une micro scène à la suivante (le spectacle est ainsi composé de plusieurs mini scénettes) les débuts d’un spectacle mais aussi ses variations possibles, du boa d’un cabaret aux fameuses jupes flamenco, en passant par la version plus épurée de la jupe noire ou simplement du châle de ce même échauffement.

Encender el Cuerpo est en ce sens un spectacle intime, où l’on suit pas à pas la danseuse dans ce projet où elle cherche à allumer sa propre flamme, et celle dans le cœur du public. « Il suffira d’une étincelle… D’un rien, d’un geste », et les mots de Johnny n’ont jamais été aussi vrais.

Cœur à corps

Si Rocío Molina domine ce spectacle dédié à son corps et à ses incroyables prouesses (les trente-cinq minutes – ou presque – de son échauffement, tout en souffrance mais aussi très beau), il raconte aussi des histoires qui se jouent à deux. José Manuel Ramos accompagne ainsi Rocío Molina sur scène avec le Compás (rythmes du flamenco frappés à la main et aux pieds), mais aussi ses mouvements dans un face-à-face autour d’une table qui évoque l’Andalousie et les bars, ainsi que la tension et l’emportement de ces mêmes scènes où l’on tape (littéralement) du poing sur la table.

Et cela serait sans compter Javier (Álvarez) que Rocío Molina hèle constamment depuis la scène pour lui demander « la musique », avant que cette dernière ne se taise pour laisser place à la musique des pieds et des mains magiques, qui frappent le sol au rythme d’un nouveau « Toma que Toma… ». Comme le dit « Molina » on n’a pas envie que ça finisse, et le Compás a finalement bien pris corps en nous.

À Lire également : Paillettes, Plumes, Drag et French Cancan à Chaillot

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