COMPTE-RENDU – Le Pape Léon XIV n’était pas le seul à officier à Paris en ce mois de rentrée 2026, un autre pape, de la musique, Riccardo Chailly alias Riccardo Primo, a joint ses mains en prières à chaque temps de son concert-cérémonial et universel, levant littéralement sa baguette vers les cieux. En voici une ENCYCLIQUE :
À tous les fidèles, mélomanes, à tous les musiciens de bonne volonté, vénérables trompettes célestes, Primats violonistes, évêques de la baguette et autres ordinaires locaux de l’Orchestre de Paris.
Nous voici à nouveau réunis pour bénir l’union de Roméo et de Juliette, qui trouvèrent dans les liens sacrés du mariage le refuge aux errements pêcheurs des humains. Rendons grâce à leurs prophètes Tchaïkovski et Prokofiev, et rappelons ainsi que la gloire de la musique est universelle et qu’elle réunit ce que les hommes croient avoir séparé.
Comme elle réunit bien les blocs et les mondes, notre chère harmonie céleste, à travers les siècles des siècles. C’est pourquoi nous rendons aussi bien hommage à l’Orient qu’à l’Occident, à la Russie qu’aux Etats-Unis en écoutant le divin Adagio pour cordes de Barber. Et n’oubliez pas, mes chers agneaux, que l’amour qui fut immolé en Italie, en Angleterre, en Russie, le fut aussi à l’Ouest de l’Ouest : que la musique est partout, dans tous les quartiers de ce monde séculier, jusqu’à la West Side Story de notre bon frère Lenny.
Priez pour nous et donnez à cette phalange le courage de traverser mieux encore les passages rapides, grâce au divin appui de ses arpèges harpistiques. Donnez-nous aujourd’hui encore notre son de ce jour et qu’il continue ainsi de tourner en cette Cathédrale Philharmonique, en cette salle du nom du prophète de la musique contemporaine Pierre Boulez, et urbi et orbi.
Voyez comme nous pouvons cueillir, recueillir et accueillir le son dans le creux de notre main, du bout de notre doigt et baguette pour l’Exhausser. Et que les mécréants cessent ainsi de reprocher à quiconque de n’être que d’un monde, celui de l’orchestre ou celui de l’opéra… l’un et l’autre sont le troisième comme chacun le sait. Le frémissement féerique parcourt alors l’universel : le καθολικός.
Que notre volonté reste ferme, nos dessins clairs, notre destin recueilli.
Et continuez, chers fidèles d’acclamer et d’acclamer ainsi vos serviteurs musiciens et par-dessus tout la musique.
Amen
À Lire également : Brahms voit double à la Philharmonie de Paris











