PLAYLIST – Jonathan Larson a marqué un virage dans l’histoire de la comédie musicale. L’expression anglaise « starving artist » lui collait à la peau. Il travaillait au Moondance Diner et se dédiait corps et âme à son art. Il a secoué les codes en amenant sur le devant de la scène des sujets qui étaient à son époque centraux mais tabous, tels que le Sida.
Pete Townshend et The Who – Baba O’Riley
Jonathan Larson était particulièrement inspiré par la musique de son temps. Dans les témoignages qu’il a laissés, on retrouve mention des Who et surtout de Pete Townshend. Ce dernier a coécrit Tommy, une comédie musicale. Ils partageaient cette même fougue et cette similaire envie de montrer ce que la jeunesse de cette époque avait dans le ventre. Baba O’Riley semblait le choix le plus approprié pour introduire ce groupe, parce que le son que nous entendons au début rappelle celui du clavier que Jonathan Larson utilisait. En même temps, ce son souligne cette volonté de galvaniser le public.
Kurt Cobain, Nirvana – Smells like teen spirit
Kurt Cobain et Jonathan Larson, bien qu’évoluant dans des genres musicaux différents étaient contemporains. Ils avaient cette même dévotion pour l’art. On entend l’influence du grunge et de Nirvana en particulier dans Rent.
Jonathan Larson utilise la distorsion des guitares. Cela vient rappeler l’aspiration assumée de Kurt Cobain à jouer sur des cordes désaccordées et de créer un son saturé. Mais une chose fondamentale les unissait, l’art et la volonté d’innover et de se rebeller contre un statu quo musical.
Stephen Sondheim – Sunday in the Park with George
Stephen Sondheim était une inspiration et un mentor pour Jonathan Larson. Sunday in the Park with George l’a inspiré pour Tick, Tick… Boom! Cette comédie musicale créée avant Rent, s’est inspirée du morceau Sunday. Une partie du morceau est transposée de façon ironique dans le registre de son quotidien à l’aide d’une inversion de ligne mélodique, notamment sur la désinence, du mot Sunday. Ainsi, nous passons de l’ile de la Grande-Jatte à un diner américain.
Puccini – La Bohème
Jonathan Larson avait des goûts éclectiques. Cela s’est ainsi traduit dans Rent où il énumère des icônes culturelles de Carmina Burana à Maya Angelou. Et Rent est en fait une adaptation de La Bohème. Cette version ne se passe pas à Paris, mais à New York. Cette idée de vie bohème est défendue par Larson. Certains personnages partagent les mêmes arcs narratifs que dans La Bohème. D’autant plus qu’il s’agit de l’acte final et tragique de la vie de Jonathan Larson.
Rent est en ce moment remonté en tant que revival à Londres pour commémorer les 30 ans de la disparition de Jonathan avec notamment dans la distribution Gaten Matarazzo (Dustin dans Stranger Things). Un concert a eu lieu avec le casting original à New York récemment.
À Lire également : La playlist classique d’Isabelle Georges, chanteuse et performeuse

