PORTRAIT – Jeune ensemble musical, Le Balcon se hisse petit à petit. Leur leitmotiv : la musique contemporaine partout avec une pointe d’amplification. Portrait.
Pour réaliser un tel défi, le festival a fait appel à l’ensemble Le Balcon. Sur le papier : un groupe de jeunes musiciens pas trentenaires, sortis du Conservatoire Supérieur de Musique de Paris, associés à un ingénieur du son, Florian Texel, et même à un compositeur/transcripteur Arthur Lavandier. Ils ont un point commun avec ces festivals de tout poil que l’on trouve en France chaque été : vouloir sortir la musique classique des salles de concert conventionnées, pour la faire résonner dans les antiques basiliques, contre les vieux murs d’enceinte ou sous les canopées de chênes verts. Les membres du Balcon ont développé pour cela un dispositif de sonorisation qui permet de jouer n’importe où. Objectif : toucher un autre public et en particulier les jeunes.
La Symphonie fantastique parait très contemporaine et pour cause : le compositeur Arthur Lavandier a concocté une transcription du chef d’oeuvre de Berlioz pour un mini-orchestre et l’Ensemble à vent de l’Isère. Plein d’humour, il y a glissé des mélodies hétéroclites : des bruits de tonnerre et de pluie dans le premier tableau, le jingle des films Disney, du jazz New Orleans dans le second tableau « Le Bal », la bande-son du film Shining au moment du « Dies Irae », des sons de guitare électrique pour « Le Songe d’une nuit de Sabbat ». C’est dans ce dernier tableau que sonnent les deux cloches fondues pour l’occasion. Elles n’ont pas eu le temps d’être accordées : le triton qui en résulte – interdit au Moyen-Age car il évoquait le diable et nommé Diabolus in musica – va tout à fait bien avec le sujet !
Sur scène, le chef du Balcon, Maxime Pascal dirige avec énergie, interpelle ses musiciens, parle au public… il n’est pas sans rappeler un certain François-Xavier Roth, son professeur au CNSM ! Le chef qui ne dort jamais – ou presque ! – avait la veille dirigé « Rituel » de Pierre Boulez avec un orchestre de la SWR Sinfonieorchestrer Baden-Baden und Freiburg tout simplement excellent, vif et précis. Suivant la tradition – et alors que Boulez ne l’a pas précisé dans la partition d’origine – les cinq groupes de musiciens identifiés dans « Rituel » sont répartis, spatialisés, dans la cour du château Louis XI, sous un chapiteau à l’acoustique étonnement bonne. « Rituel » est suivi d’un « Ainsi parlait Zarathoustra » de haut vol, électrique… le public est survolté. (Ce concert est diffusé sur France Musique le 25 septembre.)
Pierrot Lunaire | Nieto | Le Balcon from Le Balcon on Vimeo.
Crédits photos : © G. Gay-Perret/Festival Berlioz



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