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Et tant que la musique Duras…

COMPTE-RENDU La Philharmonie de Paris présente dans l’amphithéâtre de la Cité de la musique un « Hommage à Duras » avec trio de musiciens et un récitant, sur une idée d’Anne-Gaëlle Saliot. Les textes de Marguerite Duras se retrouvent ainsi mis en musique au rythme des références et inspirations des textes de l’écrivaine mélomane. 

Le personnage principal de cette soirée ne s’appelle pas Emily L., mais bien Marguerite D. : Anne-Gaëlle Saliot, Vice-Consul [1966] scénique du jour, a conçu ce spectacle en nous proposant en effet de réEcrire [1993] musicalement l’œuvre de Marguerite Duras (1914-1996), avec des extraits choisis des œuvres romanesques de l’écrivaine faisant écho à sa Musica [1965], c’est à dire des pièces ou des compositeurs d’un répertoire surtout classique. Moderato Cantabile [1958].

Du classique dans le texte

Sous de jolis jeux de lumière tamisée, Gabriel Richard (violon), Xavier Phillips (violoncelle) et Jean-Frédéric Neuburger (piano) donnent en effet du son aux mots de l’écrivaine, scénariste et réalisatrice française, dans un voyage décousu à travers les textes et les destinations. Pas d’Eden Cinéma [1999] donc, mais un Eden Musica pour cette fin d’Après-midi [1962] dans l’amphithéâtre de la Philharmonie. Comme après le passage de La Pluie d’été [1990], on va alors d’un personnage à l’autre, d’une scène à l’autre, d’un continent à l’autre, embarqués dans le Camion de la vie de Duras. Marguerite Duras avait en effet grandi en Indochine, mais ce concert préfère cependant se concentrer sur les intonations européennes des textes de l’écrivaine, comme en Barrage contre le Pacifique [1950], avec des pièces de Chopin, Bach ou Schubert, interprétées avec délicatesse mais enthousiasme par notre trio du jour.

Réminiscence

On retrouve cependant vers la fin du concert une certaine India Song [1973], avec une version enregistrée de « Capri, c’est fini » que l’on se prend à fredonner. L’Amant de ce soir n’est alors pas Yann Andréa Steiner [1992], mais bien Charles Gonzalès, récitant en costume colonial qui reste à distance, ne se prenant pas à chanter, mais préférant nous susurrer de sa voix rocailleuse les mots (pas si) doux des personnages de Duras. Tour à tour enfant terrible ou narrateur, il se prête avec joie aux sifflements ou fredonnements qu’évoquent les textes de l’écrivaine, pendant masculin d’une autrice engagée, dans une soirée où les Parleuses [1974] manquent, face à tous ces beaux parleurs. 

Si Le Ravissement de ce soir n’est pas celui de Lol V. Stein [1964], c’est bien celui du public, conquis par ce joli hommage où les mots et les sons s’empruntent et se croisent. Loin de Détruire [1969] une œuvre avant tout littéraire et filmographique, cette soirée « fait ses gammes » face à l’aura de l’écrivaine : on a des mots, mais il nous manque toujours Duras.

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