AccueilA la UneLa Bohème des Champs : pastorale parisienne

La Bohème des Champs : pastorale parisienne

OPERA – Le Théâtre des Champs Elysées s’offre une nouvelle production de La Bohème de Puccini, portée par un casting de stars, dont Éric Ruf à la mise en scène. Menés musicalement par Pene Pati en Rodolfo, on assiste ainsi à une Bohème sérieuse, qui nous invite pourtant à des rêves plus bucoliques au cœur du Paris des années 1830.

Dés-illusions perdues 

Quel opéra du répertoire du XIXe siècle peut-on trouver d’encore plus parisien que La Bohème ? Cet opéra de Puccini, créé en 1896, s’inscrit en effet lui-même dans une certaine histoire de la Bohème. Roman feuilleton, vaudeville et finalement opéra « en quatre tableaux », La Bohème nous montre le cœur de la fameuse Bohème parisienne autour de quatre personnages emblématiques : le poète Rodolfo (Pene Pati), le peintre Marcello (Alexandre Duhamel), le philosophe Colline (Guilhem Worms), et le musicien Schaunard (Francesco Salvadori). Éric Ruf, à la mise en scène, avec la collaboration de Bertrand Couderc à la lumière, se saisit alors du texte pour en faire une pièce dans la pièce, où la trappe de souffleur devient le poêle de la mansarde, et où les murs de Paris se retournent pour se présenter comme décors : autant de signes envoyés à cette maison d’opéra privée par ce roi du temple parisien du théâtre français (Marcello peint un rideau qui n’est autre que celui du Théâtre des Champs-Elysées ! Un rideau jamais réalisé dont le dessin est dans le bureau du directeur, Michel Franck).

Sur scène, on reste cependant bien sage, et cette Bohème est interprétée avec autant de réalisme que possible par le chœur, les figurants et tous ses chanteurs solistes (menés à la danse par la chorégraphie de Glysleïn Lefever), et on surprendrait ainsi presque un peu de poussière sur des choix bien canoniques, qui nous plongent dans un XIXe digne de Balzac (on retrouve même certains passages parisiens !). 

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Rodolfo des villes et Rodolfo des champs

Pour cette Bohème, la fantaisie est dans les détails, et on admire ainsi le travail de Christian Lacroix pour les costumes. Le couturier originaire d’Arles quitte les ateliers de l’Opéra de Paris pour cette production, et nous propose un mélange des styles tout à fait audacieux, en confrontant le chœur féminin, en tenues provençales, à une Mimi (Selene Zanetti) aux robes rappelant la Traviata, et notamment celle du dernier acte, bouquet de roses déjà fanées devant un rideau qui reste encore à peindre. Autre fantaisie face à la grisaille parisienne de la pièce, l’Orchestre National de France, sous la direction de Lorenzo Passerini, qui joue avec des couleurs justement absentes de la scène, et nous invite à tendre l’oreille. Enlevé et dynamique, l’orchestre fait en effet ressortir les mélodies de Puccini, et l’on se prête à rêver d’une autre histoire, loin du Paris austère de La Bohème, et que peine à égayer Musetta (Amina Edris).

Pene Pati est ici la grande star tragique de la soirée. Le ténor, qui interprète Rodolfo, mène en effet la tension musicale et dramatique de La Bohème, tout en simplicité, et son rôle de poète maudit d’amour est applaudit longuement par le public des Champs-Elysées. Pourtant, c’est un autre Rodolfo qui attire aussi le regard ce soir : Parpignol, interprété par Rodolphe Briand, qui tire presque vers un accent marseillais, nous invite en effet à rire, laissant la marque du sourire du clown sur cette Bohème cartonesque.

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