DISPARITION – José van Dam, baryton-basse belge né en 1940 nous a quittés ce 17 février 2026.
En 1988, dans le film Le Maître de musique de son compatriote Gérard Corbiau, José van Dam interprète les adieux à la scène d’un chanteur (nommé Joachim Dallayrac) au château de Chimay. Il salue, visiblement ému, audiblement acclamé avant d’entonner « Miei signori, perdono, pietate! » (air du Rigoletto de Verdi) de toute sa noblesse inoubliable, de sa prosodie modèle.
Déjà, au cinéma le public versait une furtive larme, dès ce silence d’une suspension angoissante, terrible, faisant craindre que le personnage s’arrête là au milieu d’une phrase. En 1988, sur le grand écran il repartait de plus belle (sublime même) pour son dernier Pieta.
38 ans plus tard, c’est hélas un dernier souffle qui a emporté l’artiste, mais les échos de ce silence et surtout de cette voix sont désormais entrés dans l’histoire.
Dès avant ce film et longtemps encore après, José van Dam a mené une carrière exemplaire traversant les répertoires, les langues, les plus grandes scènes, alliant les qualités du chanteur lyrique d’opéra et du poète des mots, avec un sens de la pédagogie : un parcours que nous raconte Ôlyrix.
Pendant ce temps, messieurs, pardon, nous allons réécouter José van Dam qui nous avait directement ému la dernière fois avec « Les souvenirs et les regrets aussi… » en ouverture du 10ème Festival Notes d’automne.

