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Vous passerez bien prendre le thé avec le Concerto Soave ?

COMPTE-RENDU — Dans le cadre du Festival Mars en Baroque, Le Concerto Soave a posé ses valises dans l’Hôtel Hubaud, en plein cœur de Belsunce à Marseille, bâtisse datant du XVIIIe siècle et investie par Guy Boyer, historien de l’art. Ils nous ont donné rendez-vous pour 16h30, alors ne tardons pas : c’est l’heure du thé !

Corréler l’art du thé et la musique baroque, c’était là l’objectif de cet impromptu polysensoriel, proposé par le claveciniste Jean-Marc Aymes et le baryton Romain Bockler. Aficionados de thé et de musique ancienne, ils ont invité pour cette occasion spéciale Sylvie Henrionnet, maître de thé. Nous passons la porte de ce bel hôtel, surmontée de rinceaux et d’un petit mascaron. Notre hôte a beaucoup de goût ! Ce moment confidentiel se déroule dans la bibliothèque du propriétaire, garnie d’ouvrages d’art, montons.

Fragrance pré-baroque

Pour déguster l’écaille du dragon, les deux musiciens se sont accordés sur une partition du compositeur vénitien Johannes Hieronymus Kapsberger et un poème de Pétrarque, « Je m’en vais en pleurant », dédié à sa muse, Laura. Entonnée sur un tempo lent par le baryton, la pièce sait exprimer la finesse du thé blanc.

Tout comme la musique, le thé est un art, et le fait de les combiner permet de donner libre cours au savoir-faire des interprètes. Le Salve Regina de Claudio Monteverdi a été choisi sur cette idée de création artisanale. Heureuse connivence entre l’origine végétale et l’harmonie musicale. Une pièce fleurie, un chant parfumé pour cette pièce avec des bis repetita qui ne se ressemblent pas.

Une infusion a capella

« Dans la musique baroque, le temps est plus long, en tout cas différent », avoue Romain Bockler pour exprimer la complexité de trouver un répertoire qui s’accorde et résonne avec le thé. Pour les feuilles d’un thé noir français du Languedoc, le Concerto Soave a choisi Nigra sum, sed formosa (« Je suis noire mais belle »), un extrait du Cantique des Cantiques et une autre composition de Monteverdi. Ici, les couleurs se joignent aux sons dans une association évocatrice.

Note finale et arrière-goût agréable

Et voici le bouquet final avec une composition de Girolamo Frescobaldi. Voix suave, accompagnée par un clavecin aux cordes pincées, au jeu succinct et délicat. La musique, comme le temps, est suspendue ! Avec des allures de musique de chambre, l’esprit de cette expérience est à l’image de l’hôte qui nous accueille, sans grande pompe, dans une ambiance relaxée et conviviale, en toute intimité. Nous remercions notre hôte et lui promettons de repasser prendre le thé.

À Lire également : Bach en robe de chambre avec Le Banquet Céleste à l’Opéra de Rennes

Photo de Une : © DR

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2 Commentaires

  1. On imagine presque ce moment suspendu, intime et chaleureux, que le Concerto Soave sait si bien créer. Leur manière de faire vivre la musique baroque avec autant de finesse et de poésie donne vraiment envie de s’inviter à ce “thé musical” hors du temps.

  2. J’ai pris un immense plaisir à travailler avec le Concerto Soave pour harmoniser des grands crus de thés rares à leurs morceaux de clavecins et de chant.
    Au plaisir de nous retrouver l’année prochaine pour de nouvelles dégustations musique et thés.
    Sylvie HENRIONNET

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