COMPTE-RENDU – Cette nuit, nous avons refait un rêve, celui d’un concert avec Ester de Stefano et Alice Power qui se livraient une bataille sans merci entre Chopin, Scriabine, Ravel, Albeniz et Tchaïkovski au Théâtre Femina de Bordeaux.
Entre onirisme et mysticisme, notre songe se rapporte à une virevoltante tripolarité entre romantisme, impressionnisme et modernisme : le rêve en devient protéiforme. Les sons les plus éthérés, le frisson musical de la nostalgie et du chagrin, les contrastes de caractères en tout genres se déchainent, toutes les formes que l’eau peut prendre s’activent de la fine goutte au flot torrentiel. Et pourtant ce n’est pas en nage que nous nous réveillons, ou plutôt ne nous réveillons pas de cette délectation onirique…
Ester de Stefano fait battre les ailes du rêve en volées arpégées, d’une main gauche très vivace. Entre folie et sagesse, frivolité et recueillement, par la forme libre d’où la liberté de l’esprit peut se mouvoir. Le brio d’Alice Power ne laisse pas une seule erreur se profiler dans chacune des œuvres.
Un concert « de rêve », décidément.
Demandez le programme :
- CHOPIN – Berceuse en ré bémol majeur, op.57
- CHOPIN – Sonate n°2 en si bémol mineur, op.35 n.2
- SCRIABINE – Sonate n°5, op.53
- RAVEL – Jeux d’eau
- ALBENIZ – El Albaicín (extrait du Troisième cahier de Iberia)
- CHOPIN – 12 Préludes de l’opus 28
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