AccueilA la UneAgence Échos de Voyage : départ immédiat depuis les Invalides

Agence Échos de Voyage : départ immédiat depuis les Invalides

COMPTE-RENDU – Bagages inutiles. Passeport facultatif. Le Musée de l’Armée proposait cette semaine un voyage organisé d’un genre particulier. Au programme : la Russie de Tchaïkovski, la Sibérie de Lise Cristiani, la Vienne de Schubert et la Bohême de Dvořák. Pour guides, Claire-Marie Le Guay, François Salque et Raphaëlle Moreau. Aucun retard annoncé.

Première escale : une carte postale de Russie

Le voyage commence, depuis le Grand Salon de l’Hôtel des Invalides, par la Valse sentimentale de Tchaïkovski. Quelques minutes seulement, mais suffisamment pour installer une atmosphère. François Salque fait chanter son violoncelle avec cette élégance mélancolique propre au compositeur russe, tandis que Claire-Marie Le Guay accompagne avec une souplesse qui donne l’impression que le temps ralentit légèrement.

Le public comprend rapidement que cette soirée ne sera pas une succession d’œuvres, mais une collection de paysages.

Direction la Sibérie

Le concert fait ensuite halte auprès d’une voyageuse peu ordinaire : la violoncelliste Lise Cristiani. En lui dédiant sa Romance sans paroles, Mendelssohn rendait hommage à une musicienne qui traversa l’Oural et la Sibérie au milieu du XIXe siècle, défiant les conventions de son époque.

Sous les doigts de François Salque, cette page prend presque des allures de journal intime. Le violoncelle raconte davantage qu’il ne démontre. Chaque phrase semble avancer comme une étape supplémentaire sur une route lointaine.

Escale viennoise : Schubert sans frontière

Avec la Sonate Arpeggione, Schubert propose un voyage plus intérieur. Ici, les kilomètres disparaissent au profit des émotions. François Salque et Claire-Marie Le Guay y déploient une complicité remarquable. Le violoncelle chante avec naturel, tandis que le piano refuse tout rôle d’accompagnateur passif : les deux instruments conversent comme deux voyageurs qui auraient beaucoup de souvenirs en commun. L’équilibre entre les artistes impressionne particulièrement. Aucun ne cherche à prendre le dessus ; chacun semble au contraire prolonger la phrase de l’autre.

Dernière destination : la Bohême

Pour la dernière étape, Raphaëlle Moreau rejoint le duo dans le Trio Dumky de Dvořák. Changement immédiat de décor. La Bohême apparaît avec ses contrastes, ses danses, ses élans populaires et ses brusques retours à la mélancolie. Le trio trouve rapidement une respiration commune. Le violon de Raphaëlle Moreau apporte une lumière nouvelle à l’ensemble, tandis que le piano de Claire-Marie Le Guay et le violoncelle de François Salque continuent de tisser ce dialogue constant qui fait la réussite de la soirée.

Les différentes dumka s’enchaînent comme autant d’étapes d’un carnet de route où la joie et la nostalgie voyageraient dans le même wagon.

Retour aux Invalides

Le concert s’achève là où il avait commencé : au Musée de l’Armée, dont la saison musicale est cette année placée sous le signe des explorations et du voyage.

Mission accomplie. En un peu plus d’une heure, les trois musiciens auront traversé plusieurs pays, plusieurs imaginaires et plusieurs façons de voyager. Sans quitter son fauteuil, le public aura visité la Russie et la Sibérie, Vienne et la Bohême.

Certaines agences promettent de faire voir du pays. Celle-ci a réussi à le faire entendre.

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