AccueilA la UneTchaïkovski DJ Set : Marseille met le volume

Tchaïkovski DJ Set : Marseille met le volume

COMPTE-RENDU – Pour la fête de la musique, l’Orchestre Philharmonique de Marseille dirigé par Jakob Lehmann donne à l’Opéra de la Cité Phocéenne un concert gratuit avec la violoncelliste soliste Miriam Prandi.

À Marseille aussi, la Fête de la Musique, ça peut-être un voisin qui massacre Wonderwall à la guitare sèche.

Mais cette année, l’Opéra a décidé de hausser le niveau : entrée gratuite, orchestre philharmonique, soliste internationale, et surtout double dose de Tchaïkovski, un choix qui, en plein mois des fiertés, ressemble presque à un clin d’œil malicieux au compositeur russe le plus iconique du répertoire.

Autant dire que l’ambiance est plus soirée premium que tacos + enceinte. Sauf que la salle justement, elle est pleine : entre la gratuité, la date et un programme aussi populaire, c’est presque comme annoncer que Beyoncé fait un showcase surprise.

Warm-up : Weber en maître de cérémonie

Pour ouvrir cette soirée, l’Ouverture du Freischütz joue le rôle du DJ chauffeur de salle : elle installe l’ambiance et pose un décor dramatique.

Set 1 : Variations Rococo – Miriam Prandi en mode “live session”

Miriam Prandi arrive, robe rose et violoncelle en main, avec la classe tranquille de quelqu’un qui sait qu’elle va mettre tout le monde d’accord.

Son jeu est souple, élégant, jamais forcé. Dans l’andante sostenuto, elle respecte subtilement les silences comme un DJ étire un fade-out : ça respire, ça flotte, ça suspend le temps. Les nuances sont ciselées, les cadences respirent, et l’orchestre lui répond avec une délicatesse symétrique. La dernière variation ? Une montée d’énergie parfaitement calibrée, réchauffée par les vents comme un spot lumineux qui s’ouvre sur la piste.

Set 2 : La Quatrième Symphonie : Tchaïkovski en mode “final drop”

Après l’entracte, on continue avec les choses sérieuses : la Symphonie n°4, ce monument qui alterne triomphe, mélancolie et coups de théâtre.

Les cordes ? Unifiées, précises, avec ce beau coup d’archet qui donne la ligne du set en tout cas jusqu’au scherzo pizzicato où elles lâchent l’archet comme un DJ lâche les platines pour passer en mode finger drumming, dessinant l’élan doucement espiègle du mouvement.

Les trompettes ? Nettes, tranchantes, impeccables, le genre de cuivres qui ne demandent pas la permission pour briller.

Chaque pupitre apporte sa couleur, son relief, son expressivité.

Jakob Lehmann : le maître du mix… symphonique

Lehmann dirige avec une gestuelle ample et lisible. Il sculpte un son généreux, contrasté, toujours cohérent. Dans la symphonie comme dans l’ouverture, il fait briller les cuivres sans jamais sacrifier les nuances.

Dans les Variations, il resserre l’atmosphère : on passe soudain d’une grande salle de concert à un salon chambriste, avec des piani délicatement déposés comme des confettis.

Entre la salle comble, le programme populaire, la soliste inspirée et un orchestre en grande forme, l’Opéra de Marseille a ainsi offert une soirée qui relève plus du grand événement que du simple concert gratuit.

À Lire également : Embarquement de La Criée de Marseille pour le rêve américain

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