AccueilA la UneSoirée d'enfer au Théâtre de la Ville !

Soirée d’enfer au Théâtre de la Ville !

DANSE – La programmation danse du Théâtre de la Ville offre une occasion rare de voir à l’œuvre l’un des chorégraphes italiens les plus en vogue dans son pays pour une plongée en enfer exubérante avec strass et paillettes. 

L’enfer est une inspiration sans limite pour les artistes italiens. Roberto Castello n’échappe pas à cette règle ! En effet, en Italie, au cours de sa carrière, un chorégraphe se doit au moins une fois de s’atteler à cette tâche et revisiter l’Enfer de Dante. Il a décidé alors de faire un enfer joyeux et très ancré dans l’ère du temps et des réseaux sociaux. Pour lui l’Enfer c’est d’essayer d’entrer dans un moule de normes pour être apprécié par les autres et susciter leurs désirs. Bref essayer de se surpasser toujours et encore dans une « valse des egos ». Il n’en fallait pas moins pour l’un des chorégraphes italiens les plus bankables du moment. 

Roberto Castello, késako ?

Danseur, chorégraphe, et professeur à l’École des Beaux-Arts de Brera à Milan, Roberto Castello est l’un des fondateurs de la danse contemporaine italienne, et une star dans le milieu de la danse. Il fonde plusieurs compagnies, d’abord en 1964 Sosta Palmizi puis en 1993, ALDES. En 2017, il créa une plateforme d’échange et de réfléxion sur le langage non verbal à travers un blog « 93% – matériaux pour une politique non verbale ». Il gagna quatre fois le prix UBU en 1986, 2003 2018 et 2022 (l’équivalent de nos Molières), qui est considéré comme l’un des prix les plus prestigieux du monde du théâtre Italien. Et en 2022, ce fût pour l’une des deux pièces qui s’est jouée devant nous au théâtre de la ville : Inferno. 

Des débuts un peu laborieux pour un final grandiose. 

On commence la mise en bouche dans une ambiance d’asile psychiatrique. Les débuts sont un peu laborieux et on s’ennuie un peu. On se dit intérieurement que le spectacle va être long. Les acteurs font quelques gestes liturgiques dans des tenues horribles : pyjama trop grand, serviette verte sur la tête, nuisette à plume. Bref le comble du mauvais goût ! Puis ils revêtent leurs costumes de petits bourgeois afin de se rendre dans un musée d’art contemporain et s’esclaffer devant un chien ballon de Jeff Koons. Mais une bombe sur un charriot arrive, et là le spectacle commence son second souffle. Ils enfilent de nouveaux costumes : combi/robes à paillettes et nous montrent tour à tour leurs accessoires potaches : boa à plumes, serpents en peluche, pistolets en plastique … Sur une musique techno, chaque danseur s’éclate et ne s’arrête jamais de danser. 

L’enfer, c’est aussi la solitude ©Aldo Aquaro
Infatigables trentenaires

Comme le dit lui-même, Roberto Castello, Inferno est une « pièce épuisante » et le « rythme est infernal » comme son nom l’indique. Il a donc choisi des jeunes danseurs tous de moins de trente ans, qui sont des piles électriques dégageant une énergie de dingue. Ils ne s’arrêtent jamais, changent de costumes comme de chemises, font des cabrioles et des grands écarts époustouflants et tout ça avec un grand sourire et dans la bonne humeur. Bref ils sont infatigables. Et en plus ils sont séduisants et dégagent un sex-appeal incontestable, car Inferno c’est avant tout un jeu de séduction. Et oui il faut bien séduire l’autre et d’abord le spectateur.

À lire également : Dante Inferno, le divine comédie du Palais Garnier
L’enfer, c’est le miroir

« L’enfer c’est les autres » selon Sartre, ici aussi. En effet pour Roberto Castello, l’enfer c’est notre désir et les efforts perpétuels qui en découlent pour toujours paraître au mieux devant les autres. Rien à voir avec une pièce sombre sur le règne du mal avec un diable sulfureux. Le chorégraphe revisite l’Enfer de Dante à sa sauce et le revigore façon « paradis » où chacun met tout en œuvre « pour paraître meilleurs, plus justes, plus beaux, plus forts, plus attractifs, plus responsables, plus humbles, plus intelligents à chaque instant à notre entourage ». Nous avons donc assisté à une danse des égos colorée et divertissante mais surtout « emplie de joie de vivre » avec des danseurs incroyables.

Si c’est ça l’enfer… ©Aldo Aquaro

Ils m’entraînent, au bout de la nuit…

Après un début un peu ennuyeux, on assiste à un final qui est un véritable hymne à la vie. On recharge nos batteries avec des danseurs qui nous ont transmis une joie communicative. Bref si l’enfer ressemble à cette fête en strass et paillettes avec ses jeunes danseurs séduisants, nous voulons bien être de la partie pour danser jusqu’au bout de la nuit avec ces démons de minuit … 

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