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Petite leçon d’Histoire par l’ensemble Diderot

COMPTE-RENDU – L’Ensemble Diderot investit l’église Saint-Maurice de Reims pour proposer au public un voyage dans 150 ans d’histoire de la musique, de Muffat à Mozart, dans le cadre des Flâneries musicales de Reims. 

Belles époques

Dans la petite église Saint-Maurice, située près de l’ancien Collège des Jésuites et surplombée par l’ombre de la grande basilique Saint-Rémi de Reims, l’Ensemble Diderot entraîne le public dans un voyage dans le temps, partant des sonates de Georg Muffat et Weichlein jusqu’à Telemann et Mozart. Une sorte de cours, ou de trajet pédagogique, pourrait-on dire car, à travers les œuvres, le public perçoit les changements et évolutions de forme, de rythmes, d’harmonies, d’ornements qui parcourent les morceaux choisis. On part de Muffat, élève de Lully, dont la musique rappelle inévitablement celle de son maître et on continue jusqu’à Telemann, qui fait le lien entre le baroque et le classique, pour enfin reprendre l’un des six quintettes de Mozart (à cordes en sol mineur).

L’ensemble Diderot

L’effet est réussi, puisqu’on entend des murmures de satisfaction entre les spectateurs, très heureux de cet éclaircissement proposé par l’Ensemble Diderot – dont la volonté est, comme l’explique la brochure du concert, de mettre en lumière les liens entre les différents compositeurs, sur instruments d’époque – d’ailleurs, ils prennent une petite dizaine de minutes pour aller changer leurs archets avant d’aborder Mozart, et en effet, la différence se fait sentir : le son perd de sa rugosité pour s’éclairer et s’alléger. 

©JB Delerue
Apprendre en s’amusant

Dans ce but, l’interprétation des musiciens est appliquée et on ressent avant tout dans leur jeu une attention au détail, une attention aux notes à relever, à mettre en valeur aux oreilles du public, aux correspondances entre les instruments à mettre en relief. Tout cela est pesé et sans insistance cependant, car on est avant tout là pour la musique et l’Ensemble Diderot n’a pas pour vocation de décortiquer chaque partition devant le spectateur – au contraire, tout est équilibré, construit avec simplicité, mais souplesse, et même énergie et vivacité. En plus de cela, l’ensemble dégage avec brio les couleurs de chaque œuvre, démontrant ainsi leurs contrastes et leurs proximités. Mais ce qui frappe le plus est le plaisir évident que prennent à jouer les musiciens – malgré la figure concentrée, impassible du claveciniste, contre le sourire heureux du violoniste Johannes Pramsohler, le fondateur de l’Ensemble, lequel se dit lui-même « content de parcourir ces cent ans entre Muffat et Mozart » dans son adresse au public. 

À lire également : Nicolas Vaude, Diderot et la musique

Le concert s’achève sur le quintette de Mozart, qui couronne cette fin d’après-midi rémoise, et avec lui cette leçon profitable d’histoire de la musique.

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