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La Fille de Madame Angot au Comique : plus de pavés que de plage

OPERA – L’Opéra-Comique ouvre sa nouvelle saison avec La Fille de Madame Angot, opérette de Charles Lecocq dans une mise en scène signée Richard Brunel et dirigée par Hervé Niquet. 

Vue Globale : Du Directoire à Mai 1968.

Cette opérette créée triomphalement à Bruxelles en 1872, puis présentée à Paris trois ans plus tard, est sans aucun doute le sommet de l’oeuvre de Charles Lecocq, dans un style de musique légère française qui succède à celle de Jacques Offenbach. Le génie du compositeur et de ses trois librettistes est d’avoir choisi la période courte et perturbée du Directoire, coincée entre la fin tragique de la révolution et la mise en place par Bonaparte du Consulat, pour situer l’action et les amours de Clairette, fille de feu Madame Angot à la réputation scabreuse. Cet ouvrage en trois actes introduit plusieurs figures historiques du temps, comme Ange Pitou et ses chansons royalistes, Mademoiselle Lange, comédienne demi-mondaine et intrigante ou Larivaudière, prototype de ces nouveaux riches qui mangent alors à tous les râteliers.

Avec ces Incroyables ou Muscadins au langage affecté ou ses Merveilleuses dévêtues à l’antique, tous les ingrédients se trouvent réunis pour rire à l’écoute d’une musique savoureuse où chaque refrain s’inscrit durablement dans la mémoire. Malheureusement, Richard Brunel a choisi d’installer l’ouvrage -sans trop de réécriture toutefois et avec des parties parlées réduites- durant les événements de mai 1968. Point de Halles de Paris, mais une usine d’automobiles dirigée par Larivaudière ou l’intervention de CRS avec casques et boucliers en lieu et place des troupes d’Augereau en fin du 2ème acte, ainsi que des pancartes et affiches révolutionnaires brandies à tous moments…

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Au-delà de ces divergences qui à priori doivent actualiser politiquement l’action, le spectacle manque cruellement de rythme et de vrais rebondissements. Quelques clins d’œil cinématographiques s’intercalent dans le spectacle, comme une sorte de parodie des Demoiselles de Rochefort. Seul le 3ème acte avec en premier lieu le duo des deux forts (des Halles) réunissant dans une page enlevée Pomponnet et Larivaudière, respectivement Pierre Derhet et Matthieu Lécroart, irrésistibles, ranime l’ensemble avant d’introduire ensuite une fin d’acte beaucoup plus vivante et variée. 

Le mantra de tout metteur en scène… ©Jean-Louis Fernandez
Point par point : Une partie musicale décevante

Lors de la soirée, plusieurs décalages importants entre solistes, chœur et orchestre se sont fait jour, ce qui est particulièrement gênant ! Hervé Niquet dirige pourtant avec conviction et énergie, quelquefois un peu rapidement c’est vrai, la musique de Lecocq à la tête de l’Orchestre de Chambre de Paris, avec l’appui du Concert Spirituel.

Catch me if you can ! ©Jean-Louis Fernandez
  • Dans le rôle de la fausse ingénue Clairette, Hélène Guilmette ne semble pas très à l’aise. La voix ne possède pas la fraîcheur, la précision et la dynamique requises. De même, Véronique Gens s’égare dans le rôle de Mademoiselle Lange, conservant un ton trop aristocratique et sérieux. La voix possède toujours ses qualités d’égalité et sa justesse, mais la projection en salle parait amenuisée. Et le rôle requiert des couleurs plus profondes et surtout un timbre plus capiteux pour bien se distinguer de celui de Clairette.
  • Julien Berh, habile comédien, force un peu le trait en Ange Pitou et la ligne de chant manque d’équilibre. Un baryton aigu serait plus à son affaire dans ce rôle, comme Michel Dens autrefois.
  • Le ténor belge Pierre Derhet campe un Pomponnet savoureux d’une voix franche et lumineuse. L’interprétation tout en délicatesse de ses deux airs ici rétablis, constituent le meilleur moment vocal de la soirée.
  • A ses côtés, Matthieu Lécroart laisse éclater ses dons de comédien mais aussi de chanteur habitué de ce type de répertoire.
  • Hervé Niquet et Richard Brunel ont travaillé sur plusieurs partitions de l’ouvrage, celles de Bruxelles et de Paris, introduisant l’excellent et plus développé duo bouffe Pitou/Larivaudière au 1er acte et la première version du duo politique Pitou/Lange du 2ème acte, plus sage et moins brillant que celui donné habituellement.
L’avis du public

Le public s’est montré chaleureux à l’égard des interprètes de cette Fille de Madame Angot, moins unanime toutefois sur la mise en scène.

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