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Now and now : la danse en trois temps de l’Opéra de Bordeaux

DANSE – Triple programme en ouverture de la saison du ballet de l’Opéra de Bordeaux, avec trois chorégraphies inédites !

Now and now : présent

Hic et nunc : expression latine signifiant « ici et maintenant ». Invitation à être présent au présent sans passer son temps à recomposer un ailleurs plus que parfait. Version un peu mieux peignée du très Start-up « asap » (« As soon as possible »). Dans la langue de Johan Inger, cette injonction à vivre au présent se traduit par l’ambiguïté d’une fausse opposition qui se lit aussi comme une addition, ou une superposition : Now and Now. Maintenant et… maintenant.

Now and now : Elle et Lui © Pierre Planchenault

Elle et lui, en duo. Chacun sa naissance, chacun sa vie. Deux droites parallèles qui ne sont pas faites, au début, pour se croiser. Puis, au hasard d’un pas que l’on croit être un accident, le couloir se change en miroir et la rencontre naît de la surprise. La tension naît, sexuelle ou non (selon votre lecture) et les corps entrent en contact dans un long pas de deux où chacun garde son identité avant d’échanger les rôles dans un strip-tease expéditif. Elle en complet noir, lui en petite robe bleue : la métamorphose est totale, et quand enfin la lumière baisse, le repos, peau contre peau, laisse nos deux amants aimants s’aimanter dans une union savamment cimentée. Une vision réellement moderne de la danse.

À lire également : Records à Bordeaux, de la distance à la transe
In the night : passé

Pour en arriver là, il aura fallu d’abord traverser des pas d’un autre temps (1970). In the night de Jérôme Robbins (chorégraphe de West Side Story, quand-même !) ouvre le spectacle et présente un peu la même forme, multipliée par trois. Trois couples se font une parade amoureuse dont les codes sont à peine « old school ». L’une se met à genoux, implorant le pardon d’un Lui qui, grand seigneur, la relève en gentilhomme avant de lui faire traverser plusieurs fois la scène, solide gaillard assurant à son étoile un temps de suspension dans des portés qui collent aux canons du genre. Saupoudrez le tout du lyrisme suave d’un Chopin vidé de sa substance par l’impératif rythmique de la danse, et vous obtenez la féérie modèle réduit d’un grand ballet classique. Ça manque un peu de sel…

« Ah je m’abandonne, retiens-moi mon beau prince… » © Pierre Planchenault
The Shimmering Asphalt : futur ?

Alors quoi, le classique est dépassé ? On jette le bébé avec l’eau du bain ? On ne veut plus voir de corps meurtris par des positions inhumaines et un refus du confort naturel du mouvement ? C’est sans compter sur The Shimmering Asphalt, du suédois Pontus Lidberg. Parfaitement au courant qu’il écrit pour des compagnies rompues aux pointes et aux portés, il fait renaître la technique de ses cendres, avec une inventivité et une variété de mouvements et de formations. Ça coche les cases du grand spectacle que représente le classique, et ça laisse bouche-bée devant cette impression que le langage du corps académique a encore bien des horizons à exploiter. Une bonne nouvelle pour les danseurs du ballet de l’Opéra de Bordeaux : il y a bien un avenir ! Reste à en convaincre le public…

Ça c’est un porté… © Pierre Planchenault
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