Geister Duo : bromance sans parole

CONCERT – Lancés dans une tournée de présentation de leur toute nouvelle intégrale Schubert, les deux potes du Geister Duo faisaient étape à Bordeaux, où ils ont passé des heures de studio entre pauses clope, conversations enflammées et soirées canapé. Le résultat : une musique de copains à écouter à deux oreilles… et quatre mains !

Ils sont ce genre de potes qui n’a pas besoin de se parler pour se comprendre, un peu pénibles quand vous les voyez en soirée, dans leur monde à eux deux dont vous ne comprenez pas la moitié des blagues. Eux, en revanche, hurlent de rire pendant que le reste de la tablée se regarde, les épaules levées parce qu’ils ont pas la réf’… Cette doublette qu’on appelle « Tic et tac » par défaut, injouable au tennis en double, mais si attendrissante, quand l’un finit les phrases de l’autre.

Quatre mains…

En langage moderne on appelle ça une « bromance » (contraction de « bro » et de « romance »), et autant au tabouret de l’apéro du jeudi soir c’est gênant, autant sur celui du piano, quand il s’agit de jouer Schubert, c’est brillant. Il faut les voir faire ! Leur jeu est tellement interconnecté, leurs respirations tellement coordonnées et leur phrasé si cohérent qu’ils arrivent à reproduire le graal du musicien, tout genre confondu : l’illusion qu’en fermant les yeux vous avez affaire à un même interprète dont le cerveau commanderait à quatre mains au lieu de deux, et dont l’âme dédoublée ne parlerait qu’une seule langue musicale.

On pourrait s’éterniser sur des détails d’interprétation, avancer que le tempo de départ de la Fantaisie en fa mineur, bijou sensible aux affres du temps, est un peu allant à notre goût, mais l’essentiel n’est pas là avec les Geister. Il faut parfois se mettre de côté pour apprécier l’altérité, en musique comme en amitié. Quiconque a un ami pour la vie sait bien de quoi on parle…

…pas vilain !

Le Geister Duo est un vieux couple qui aurait réussi à conserver l’étincelle pour nourrir un feu sacré que cette intégrale Schubert, à un moment décisif de leur carrière, attise depuis bientôt 3 ans, depuis qu’ils se sont lancés dans cette folle aventure d’enregistrer ce coffret sept CD, le tout premier du genre en France !

À lire également : Schubert in love… et nous avec !

Au-delà de l’évidente beauté du répertoire choisi, Schubert étant un des rares compositeurs qui met absolument tout le monde d’accord, au-delà d’un technique évidemment maîtrisée qui permettrait à chacun de faire une jolie carrière de soliste, c’est l’esprit qui se dégage de leur interprétation qui nous parle. D’ailleurs, Geister en allemand, qu’est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire… oh et puis non, vous savez quoi ? Vous allez finir la phrase… Après tout chers lecteurs, on est copains nous aussi, non ?

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