COMPTE-RENDU — À l’occasion du vernissage de l’exposition Michel-Ange / Rodin au musée du Louvre, l’ensemble Les Métaboles, dirigé par Léo Warynski, proposait une immersion musicale en écho aux œuvres exposées. Une répétition ouverte qui donnait à voir et à entendre la construction d’un dialogue entre sculpture et voix.
Le programme s’inscrit directement dans l’univers de l’exposition. Les œuvres chantées semblent chercher à traduire en son ce que les sculptures expriment par la forme : tension, matière, mouvement suspendu. Derrière l’ensemble, des projections de sculptures accompagnent la musique, créant un lien visuel immédiat. Les corps figés de Michel-Ange et Rodin trouvent ainsi un prolongement dans les lignes vocales et, à cet instant, il est difficile de rester de marbre (auquel cas, on ne vous jettera pas la pierre !).
D’une pierre deux coups
D’un côté, assister à une répétition change l’écoute : le filage, particulièrement fluide, révèle la cohésion de l’ensemble. Véritables pierres angulaires du concert, les voix s’entrelacent avec précision, les équilibres se construisent progressivement. Rien n’est figé et c’est précisément ce qui rend le moment vivant. On perçoit le travail en train de se faire, les ajustements, les respirations communes.

Et dans le même temps, la rencontre avec Léo Warynski prolonge l’immersion, puisqu’il apporte en quelque sorte sa pierre à l’édifice. Le chef partage ses inspirations, évoque le lien entre la musique et la sculpture, et la manière dont il souhaite modeler le son de son ensemble. Son travail s’inscrit dans une recherche de texture et de relief, comme si les voix devenaient elles-mêmes matière. Mériterait-il une statue ?
Une ténébreuse et profonde unité
Ce moment, à la croisée de la répétition et de la performance, donne un aperçu singulier du projet Voix sculptées. Plus qu’un simple concert, il s’agit d’un espace de correspondances entre les arts (Baudelaire l’illustre admirablement dans son poème Correspondances). La musique prolonge les œuvres, les transforme et les met en vibration. Une approche sensible qui trouve toute sa place au Louvre. Certes, ce moment n’est gravé nulle part dans le marbre, mais il nous demeure pourtant bien à l’esprit.

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