EXPOSITION — À la Philharmonie de Paris, l’exposition Video Games & Music, La musique dont vous êtes le héros explore jusqu’au 1er novembre 2026 un demi-siècle de musiques vidéoludiques. Une partie, ça vous tente ?
Pour ceux qui craignent les musiques classiques avec leurs vitrines, cartels, visiteurs silencieux et enfants qui ne demandent qu’à sortir, bonne nouvelle : ici, il faut appuyer sur des boutons, danser, prendre les manettes et consoles en mains et assumer publiquement son niveau réel sur Just Dance. Ici, la musique de jeu vidéo ne se comprend vraiment qu’en la jouant. > Press Start Button
Here comes a new challenger : la nostalgie
Dès l’entrée, blind test : un logo s’allume, une musique démarre, et soudain les adultes retrouvent des réflexes qu’ils avaient perdus depuis longtemps. Trois notes de Mario, un motif de Zelda, quelques secondes de Tetris ou Pac-Man, la mémoire s’active et la nostalgie opère aussitôt. Par exemple, là tout de suite, normalement, la musique de Tetris devrait vous rentrer dans la tête (de rien).
Car l’idée est simple et efficace : faire confiance à l’oreille du public. Ces musiques appartiennent déjà aux visiteurs, car ancrées dans la mémoire collective de plusieurs générations. Ainsi, outre le fait de renseigner et d’apprendre des choses, l’exposition a aussi vocation à faire ressurgir des souvenirs. « Nostalgie » a été ajoutée à votre inventaire avec succès !
Merci de toucher aux œuvres
La vraie réussite tient là : on joue. Salles d’arcades, bornes, consoles, dispositifs interactifs… Ici personne ne vous regarde de travers si vous touchez à tout. Au contraire, c’est recommandé, peu importe votre niveau.

On comprend alors pourquoi la musique de jeu vidéo est un cas à part. Elle ne se contente pas d’accompagner l’image, puisqu’elle réagit aussi à l’action en cours. Elle accélère quand le chrono menace, récompense les victoires, dramatise les dangers en lançant une bande épique à l’apparition d’un ennemi ! La musique est déclenchée par le gameplay : le joueur devient musicien. + 5 pts. de compétence « Musique » !
Une exposition open world
Les plus courageux fileront vers Just Dance, où l’on danse avec plus ou moins de grâce, mais rarement sans éclater de rire. Les plus timides pourront se rabattre sur les panneaux explicatifs pour découvrir comment la musique de jeu vidéo est devenue un patrimoine en faisant beaucoup avec presque rien. > Choose your character

L’exposition montre aussi comment les premières consoles de jeux ont mis la musique dans toutes les poches. On peut même se demander jusqu’où le voyage va nous mener face aux extraits de partitions de Clair Obscur : Expedition 33, la bande son de plus de 10 heures qui flirte avec l’opéra, entre soprano, orchestre et grand souffle dramatique.
De précieux items à conserver
Au fond, l’exposition réussit un petit exploit : transformer le visiteur passif en participant assumé. Elle rappelle que ces musiques ont été conçues pour être vécues, et pas seulement admirées. Ici, on écoute avec les oreilles, les mains et les pieds. + 10 pts. d’agilité : level up ! Bravo !
Lorsqu’on a parcouru toute l’exposition, des premiers bips de Pong sur les arcades aux grands orchestres symphoniques de Final Fantasy, la Philharmonie n’a pas anobli la musique de jeu vidéo, elle constate simplement ce que plusieurs générations savaient déjà. Ces thèmes-là faisaient partie du paysage, il fallait bien qu’un jour quelqu’un pense à monter le volume pour les faire entendre. You Win ! *jingle de victoire*
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