AccueilSpectaclesComptes-rendus de spectacles - InstrumentalLouise Farrenc comme un livre ouvert à la BnF

Louise Farrenc comme un livre ouvert à la BnF

CONCERT — Ce lundi 27 avril, la salle Ovale de la Bibliothèque nationale de France accueillait un concert « portrait » consacré à Louise Farrenc. L’idée est simple (et efficace) : faire entendre des compositrices tout en rappelant que leurs œuvres sont même dans les collections.

Mais rassurez-vous, personne n’a demandé au public de lire. Aucun « Chut ! » agacé à l’horizon, car il est grand temps de laisser Louise Farrenc faire un peu de bruit.

Farrenc sans vitrine

Au programme : le Trio op. 34 pour violon, violoncelle et piano, les Grandes variations sur un thème du Comte Gallenberg et le Quintette à cordes op. 38 en mi bémol majeur. Traduction concrète : on commence à trois, on ajoute des forces, et on finit à plein effectif.

Et ça fonctionne. L’ordre du programme construit presque une montée en puissance naturelle, comme si la soirée s’écrivait d’elle-même, sans avoir besoin d’en faire trop, et sans se sentir obligé d’admirer ces vénérables pages derrière une vitrine.

Prière de ne pas garder le silence

Dès les premières notes, surprise : c’est énergique. Très énergique, même ! Dans ce lieu chargé d’histoire, on aurait pu s’attendre à une certaine retenue. Pas du tout. La musique avance, s’impose, circule avec une vitalité qui contraste presque avec le décor. Comme si les manuscrits, derrière, avaient décidé de reprendre la parole.

La salle Ovale, elle, fait le reste : acoustique claire, précise, sans filtre. Tout s’entend. Et les interprètes — Quatuor Hanson, la violoncelliste Héloïse Luzzati et le pianiste Tanguy de Williencourt — ne cherchent pas à adoucir quoi que ce soit. Pour une fois qu’on peut faire un peu de bruit dans une bibliothèque !

Un portrait (é)mouvant

Ce concert met en mouvement les manuscrits de Farrenc. Comme un portrait qui se mettrait tout à coup à bouger, les pages de cette compositrice se tournent d’elles-mêmes et nous sautent aux yeux (et aux oreilles). Entre la musique, les interprètes et le lieu, quelque chose circule. C’est tout un patrimoine qui s’anime et se laisse écouter, sans que la distance des années qui nous sépare de Farrenc ne se fasse sentir, bien au contraire !

À Lire également : Sur les traces de Claude Arrieu à la BNF

Photo de Une : Portrait de Louise Farrenc par Luigi Rubio

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