AccueilSpectaclesComptes-rendus de spectacles - InstrumentalSur les traces de Claude Arrieu à la BNF

Sur les traces de Claude Arrieu à la BNF

CONCERT — Dans le cadre de la Cinquième saison musicale européenne de la BNF et de Radio France, et plus précisément du cycle consacré aux « Portraits de compositrices », la Salle Ovale de la Bibliothèque nationale de France accueille ce concert consacré à Claude Arrieu : une véritable chasse au trésor s’annonce !

Fille de la compositrice Cécile Simon, Louise-Marie Simon (1903-1990) laisse un imposant catalogue musical conservé en majeure partie dans les collections de la BNF, sous forme de manuscrits autographes (lavons-nous les mains avant de les manipuler !). Fort célèbre en son temps, elle refusait de se laisser enfermer dans aucun style musical ni de s’inféoder à un quelconque mouvement. Élève de Marguerite Long pour le piano et de Paul Dukas au Conservatoire de Paris pour la composition, elle adopte le pseudonyme de Claude Arrieu durant ses études afin de mieux s’affirmer. Le mystère s’épaissit. Il va falloir faire appel aux meilleurs pour mettre toute la lumière sur l’œuvre de cette dame…

Quatre archivistes interprètes zélés

À l’initiative d’Héloïse Luzzati, fondatrice de la Cité des Compositrices, quatre musiciens ont accepté de se pencher sur les œuvres de Claude Arrieu : le pianiste Jean-Frédéric Neuburger, la jeune violoniste Manon Galy, le violoncelliste Xavier Phillips et l’hautboïste Alexandre Gattet. Pas seulement des musiciens donc, mais aussi des enquêteurs !

Une Sonate pour violon et piano composée par la mère de Claude Arrieu – Cécile Paul Simon – ouvre le programme de la soirée, puis trois pièces pour violoncelle et piano, assez exigeantes pour le violoncelle et à la limite de l’atonalité à certains moments. Les deux Impromptus pour hautbois et piano (dont le deuxième est dédié à la hautboïste américaine Laila Storch) permettent à Jean-Frédéric Neuburger et à Alexandre Gattet de révéler toute une palette de couleurs et une virtuosité sans faille qui enthousiasment le public, toujours friand de ces redécouvertes.

Dans le dédale des rayons

Nous poursuivons notre exploration du fonds, luttant avec les couches de poussière, mais cela en vaut la peine ! Le Trio pour violon, violoncelle et piano abrite des pages très contrastées, abruptes même, particulièrement sombres et prégnantes au Lento, avant d’afficher une ambiance plus festive et légère au Scherzo/Allegro jusqu’à la ravissante Toccata finale. Pour clore cette soirée de belle musique, les quatre interprètes se sont retrouvés autour du superbe et combien saisissant Spleen de Marguerite Canal, autre compositrice française majeure du XXᵉ siècle, dont le catalogue regorge également de trésors.

Nos archivistes repartent satisfaits de leurs trouvailles, et le public manifeste son enthousiasme. Nous avons décidément affaire à une compositrice qui ne demande qu’à renaître !

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