DANSE — Avec Tenir le temps, Rachid Ouramdane poursuit son travail sensible autour des liens qui nous construisent.
La première partie, dédiée à la grand-mère de l’interprète, célèbre la transmission, l’amour et ces présences qui nous accompagnent encore lorsqu’elles semblent s’effacer. Évocation de ces figures fondatrices qui demeurent en nous, elle alterne paroles simples et sincères et silences éloquents, laissant le temps faire son œuvre et l’émotion circuler sans jamais l’imposer. La disparition est abordée avec beaucoup de délicatesse, notamment à travers les déroulés où le dos, puissant et engagé, dessine une émouvante traversée. Les draps, omniprésents, apportent une dimension symbolique forte : tour à tour refuge, souvenir, linceul ou lien entre les êtres, ils traversent la pièce comme un fil de mémoire.
La seconde partie réunit les danseurs du Ballet de l’Opéra de Tunis dans une vaste dynamique collective. Fidèle à son goût pour les rassemblements et les écritures chorales, Rachid Ouramdane compose une fresque généreuse où les présences s’accumulent et dialoguent. Si le regard se perd parfois dans l’abondance des déplacements, l’énergie du groupe et la qualité des interprètes emportent l’adhésion. À sa manière, le chorégraphe nous rappelle que tenir le temps, c’est aussi tenir ensemble : faire communauté, faire mémoire et faire corps.
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