AccueilA la UneDéserts : l'Ensemble Intercontemporain n'a pas peur du vide !

Déserts : l’Ensemble Intercontemporain n’a pas peur du vide !

CONCERT – L’Ensemble Intercontemporain poursuit ses coproductions avec la Philharmonie de Paris ce dimanche 22 janvier, avec un concert qui mêle musique et images, art du son et art visuel. L’événement est baptisé « Déserts », en référence à l’oeuvre d’Edgard Varès, pièce maîtresse du programme.

Désert : késako ?

« Le silence éternel de ces espaces infinis m’effraie », disait Blaise Pascal en 1670. En 1954, Edgard Varèse apporte une réponse à l’angoisse existentielle du plus célèbre des jansénistes, avec une oeuvre qui, justement fait exister, vivre et penser les déserts intérieurs qui nous habitent tous, et nous donnent le vertige. Est-ce par peur du vide, ou simplement par un snobisme de circonstance que le public du théâtre des Champs-Élysées a rejeté l’oeuvre à sa création ? Qui sait…

Ou peut-être est-ce la forme qui a interpellé les contemporains de Varèse ? Une oeuvre pour instrument à laquelle le compositeur a voulu ajouter ce qu’il appelait des « interpolations » : des enregistrements sonores réalisés et diffusés pour augmenter la partition. Aujourd’hui, on dirait des samples, tout simplement.

Edgard Varèse

« L’idée de ce projet est de produire un film d’une conception nouvelle dans sa relation entre les images et le son. » 

EDGARD VARÈSE
La partition originale de Désert
Varèse au pays de Disney ?

Dès le début de son travail sur Désert, Varèse savait qu’il aurait besoin de l’image pour faire de son oeuvre la réflexion du vide qu’il entendait. Il savait forcément que Stravinsky avait collaboré avec Disney pour Fantasia quelques années auparavant. Alors il eu l’idée de proposer à la firme aux grandes oreilles de participer à l’aventure visuelle de son oeuvre. Après tout, qui ne tente rien… Il faut dire que, loin du conte de fée pour enfants, le projet de Walt Disney avec Fantasia était justement de créer des objets visuels nouveaux, où la musique et l’image fonctionnaient réellement ensemble.

Traversée du Désert

Sans que l’on sache exactement pourquoi, la tentative n’a pas fonctionné, et Varèse mourra en 1965, sans jamais avoir pu voir ce projet d’œuvre visuelle et musicale achevé. Il faudra attendre 1992 pour que le cinéaste Bill Viola réalise enfin le rêve. Trente ans plus tard, l’œuvre est redonnée ce 22 janvier à la Philharmonie de Paris dans sa forme finale, par un Ensemble Intercontemporain qui joue à plein son rôle de sauvegarde du patrimoine du XXème. Pour ajouter une dimension supplémentaire à Désert, Matthias Pintscher (directeur musical) a souhaité mettre en regard Jagden und Formen (Chasses et Formes) de Wolfgang Rihm. Une œuvre foisonnante où la matière musicale est en constant mouvement. Les ondulations du sable sur le sommet des dunes et le changement du paysage…

La musique de Varèse éclaire et réfléchit le vide de nos Déserts

Programmé en janvier, au moment où chacun cherche son souffle dans le silence qui suit la frénésie des fêtes, le concert sera l’occasion de faire une plongée au fond de soi, là où, tapis dans l’ombre, nos déserts intérieurs recèlent le secret de l’existence.

Déserts, par l’Ensemble Intercontemporain, le 22 janvier à 16h, Philharmonie de Paris

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