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Garden party à Vincennes

CONCERT – Ce 02 septembre 2023, 16h, nous assistions à l’un des derniers concerts des Festivals du Parc Floral, placé sous l’intitulé « Classique au vert ». Une programmation rafraîchissante, avec une équipe de choc : l’Orchestre de chambre de Paris dirigé par Barbara Dragan — et ni l’un ni l’autre n’étaient venus pour voir les fleurs. 

La scène Delta du Parc Floral © Mairie de Paris

Qui peut prétendre être vraiment mélomane s’il n’est pas déjà allé à un concert en extérieur sous 30°C? La fin du mois d’août avait laissé espérer une météo clémente, mais non, c’est finalement bien sous une chaleur extrême que se sont retrouvés quelques centaines de spectateurs pour écouter l’Orchestre de chambre de Paris sur la scène Delta du Parc Floral.

 Jeux champêtres

Connaissez-vous le Parc Floral ? Le choix des premières œuvres au programme entrait en parfaite résonance avec les lieux : le petit mais redoutable orchestre était décidé à nous divertir avec Boccherini et Mozart. Pour le premier, ce fut l’Ouverture op. 43 en ré majeur (G. 541), un morceau décidément bien allègre et pétillant. Nous nous sommes délectés de la précision des cordes, qui fait toute la vigueur de cette musique – à laquelle doivent répondre des vents malicieux, qui étaient pour la plupart au rendez-vous. C’était là une des forces de ce concert : la masse orchestrale était homogène, et la sonorisation excellente pour un concert en plein air. 

En comparaison de la première pièce, la Symphonie n°29 (K. 201) en la majeur de Mozart sembla bien sage et sans doute un peu longue – même si, évidemment, on ne pouvait en vouloir à une symphonie en quatre mouvements de ne pas avoir la densité d’une ouverture. Ce fut d’ailleurs le Menuetto qui emporta notre suffrage, notamment pour sa vélocité.    

Debussy sous les buissons

Après l’entracte, le programme mettait à l’honneur un répertoire tout hexagonal. D’abord, Debussy. Les bois furent admirables de maîtrise – et ce, d’entrée de jeu. Les intentions musicales étaient fines et à propos, et le dosage entre les pupitres de l’orchestre (orchestre de chambre, rappelons-le) toujours aussi bon. Avec Rêverie (dans l’orchestration de Hubert Mouton), nous quittions pourtant déjà quelque peu l’ambiance diurne et bucolique de la première partie. Mais cela n’était qu’une petite contrariété ; que les cors soient faux et légèrement décalés, comme ils l’avaient déjà été à la fin du Mozart, fut en revanche plus fâcheux.

Barbara Dragan, jeune baguette en vogue à Paris ! © barbaradragan.com

Venait ensuite Fauré, avec l’« Ouverture » de Masques et Bergamasques (op. 112), grâce à laquelle nous avons momentanément retrouvé les délices champêtres de la première partie – cette fois avec une touche de romantisme assumé. L’esprit animé et espiègle fut ainsi ponctué d’élans lyriques bienvenus. 

Poulenc entre chien et loup

Restait donc la Sinfonietta (FP 141) de Poulenc, dont le titre ne doit pas vous induire en erreur. La formule de la sinfonietta n’est légère qu’en apparence. Nous avons ainsi eu droit à une pièce plus dramatique dans son écriture, sans doute plus emportée et plus cinématographique également. Il y avait de quoi s’émerveiller du comique grotesque que la cheffe impulsait avec aplomb au deuxième mouvement, ou des airs de valse mêlés à des traits de poème symphonique pour le Finale. S’il était clair que l’ordre des morceaux ne pouvait que servir l’écoute – il y avait quelque chose de didactique dans ce passage du classicisme de Mozart à l’intrication complexe des genres chez Poulenc –, on pouvait en revanche regretter la perte de cet esprit de fêtes galantes initial, si adapté au lieu. L’ambiance glissait vers autre chose, sans doute vers une atmosphère plus mélancolique et crépusculaire, et cette intuition que le répertoire s’orientait subrepticement vers une atmosphère plus nocturne fut confirmée par le choix – évidemment bien anticipé – du Clair de Lune en guise de premier rappel. 

À lire également : Classique au vert, la pelouse version concert

L’initiative de proposer gratuitement du beau répertoire avec d’aussi bons musiciens mérite en tout cas d’être saluée. Les inconditionnels de l’expérience de salle pourrons passer leur chemin, car certains éléments de logistique restent encore à améliorer – le plus problématique ayant été le fait que l’on autorise l’arrivée et la circulation de spectateurs en plein concert. Mais si vous cherchez à vous initier à la musique classique, si vous êtes en quête de concerts gratuits, si vous êtes prêts à venir suffisamment en avance pour être sûr d’avoir une place, et si enfin vous ne craignez pas la chaleur, cette version estivale et musicale du Parc Floral est faite pour vous !

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