Opéra et basket : ça matche !

SPORTS – Proposer un show inédit mêlant un match de basket (un vrai!) à un spectacle musical à part entière ? Il fallait y penser : Vichy l’a fait ! Et pour les amateurs de sport comme pour les férus de belles mélodies, amusement et plaisir sont de la partie !

Quelle drôle d’idée : inviter ses copains, un samedi de soir de printemps, à un concert classique qui aurait lieu…sur un terrain de basket ! « T’es sûr que t’as bien lu le programme ?! ». À vrai dire, le doute est légitime lorsqu’à l’approche du Palais des Sports, chaudron du club de basket local, l’ambiance est digne d’un soir d’affiche de haut de tableau de championnat : des chants de supporters, des petites têtes blondes au maillot tombant jusqu’aux genoux, des coups de tambour à en faire vaciller l’échelle de Richter. Et que dire, une fois installés en tribunes : des cris de fans effervescents, des jeux lumières dignes d’un match de NBA, et un décompte annonçant l’arrivée des deux équipes. Licornes d’un côté, Panthères de l’autre.

Ce serait donc ça, ce Money Time ? Un vrai match de basket ? Et oui, c’est ça : un cinq contre cinq en bonne et due forme, avec arbitres, panneaux d’affichage, et kops en fusion derrière les paniers. Du basket donc. Quid de la musique, dont il est pourtant prévu qu’elle s’invite aux réjouissances ? Pas de panique : la troupe des Variétés lyriques, venue de Roanne (elle joue donc à l’extérieur), est là pour trouver la bonne et magique formule, et pour dérouler le temps du match « le plus incroyable de l’histoire du basket » un mécanisme fait d’inventivité et d’inattendu.

Maousse, les mascottes !

Sur la feuille de match de cette drôle de rencontre, voici d’abord venir Mozart, dont l’air « O Isis und Osiris », extrait de la Flûte enchantée, constitue rien de moins que l’hymne de la rencontre (quand un extrait du Requiem servira lui, plus tard, à marquer une intensité insoutenable lorsque les deux équipes seront au coude-à-coude). Il y a aussi Haendel, à l’heure où les équipes se serrent la main, avec ce fameux « Zadok The Priest » bien connu des sportifspuisqu’ayant inspiré le célèbre hymne de la coupe d’Europe des clubs de football (avis aux amateurs).

© Ckêo

Puis, à l’heure où les entraîneurs contestent les premières décisions arbitrales, dans un joyeux brouhaha, qui de mieux que Rossini et son Barbier de Séville pour illustrer musicalement ce tourbillon de mots et interjections venues du banc, du terrain, et même des tribunes. Il faut bien la mi-temps, alors, pour apaiser les esprits, avec un ballet du Lac des Cygnes de Tchaikovski ici dansé par…les mascottes des deux équipes, qui doivent avoir chaud, là-dessous, mais dont les mouvements sont si bien (et si drôlatiquement) coordonnées par la chorégraphie de Jean-Philippe Guillois.

Humour et musique : entre-deux !

Fous rires garantis, en somme, avant d’aborder une deuxième mi-temps usant de notes classiques encore (un extrait des Quatre saisons de Vivaldi lors d’une action décisive devant le panier, ou un fort bien venu « Choeur des Pélerins » du Tannhaüser de Wagner pour illustrer la sortie d’un joueur blessé), mais faisant aussi appel à un registre bien plus moderne. Du R&B, avec le « Crazy in Love » de Beyoncé pour faire se lever le public, du rock avec « The Final Countdown » d’Europe pour indiquer l’approche de la fin du match, et puis Queen pour dire que, dans une fin de match où les arbitres indiquent eux-mêmes qu’il n’y a plus de règles, « The Show must go on » !

© Ckêo

Et quel show ! Une soirée à mille à l’heure (le score du match en devient secondaire), où on apprécie ces incursions bien travaillées d’instants musicaux qui auraient pu être plus nombreux tant l’idée est géniale, et où on applaudit aussi des chanteurs et acteurs ayant travaillé plusieurs semaines durant à la belle réussite de ce spectacle. Des solistes, d’abord, dont un Guillaume Paire non seulement directeur artistique de la troupe, mais aussi basketteur accompli et baryton sonnant, ou encore un Denis Mignien et une Jasmin Black Grollemund qui, sur leurs bancs de coachs d’un soir, usent pareillement de leurs voix épanouies et sonores (et sonorisées) pour mieux se faire entendre de leurs joueurs, mais aussi d’une salle tout entière. Ce que réussissent aussi parfaitement Alexandra Hewson, Amelie Grillon ou encore Dina Husseini dans leurs rôles de speakrines ou de cheerleaders, bien soutenues dans la folie sonore ambiante par l’efficace et sémillant orchestre de poche des Variétés lyriques. Quant aux arbitres Sebastien Bellegy et Remy Kouadio, ils se fendent d’une prestation d’un dynamisme et d’une crédibilité… à couper le sifflet.

À lire également : Classique et rugby mêlés : « Flexion, lier, jeu ! »

Et puis il y a ces choristes et comédiens amateurs, venus pour camper les supporters, les joueurs, les figurants, dans un spectacle qui aura mobilisé un large tissu associatif vichyssois et roannais durant plusieurs semaines, tout ce joli monde ayant pleinement contribué à la réussite de ce spectacle lyrico-sportif qui en appelle d’autres, assurément (dont un « match retour » prévu le 20 avril, à Roanne). L’occasion ou jamais d’inviter ses copains à jeter au panier tous leurs clichés sur la musique classique…

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