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La Playlist de Florent Albrecht, pianofortiste et chef d’orchestre

PLAYLIST – Florent Albrecht est un musicien piano-fortiche ! Avec une vision de la musique et une passion pour l’époque des Lumières et de Beethoven, il a créé l’Ensemble de L’Encyclopédie à Genève, pour mettre le XVIIIème siècle à l’heure suisse ! Voilà la playlist d’un chef éclairé, avec une petite surprise à la fin…

Rachmaninov – Concerto pour piano et orchestre n°3 –  Martha Argerich – Riccardo Chailly RIAS Symphony Berlin – live (1982)

J’aimais depuis des années Martha Argerich, fantasme pianistique de l’adolescent que j’étais, absolument fasciné par la facilité et aussi par l’instinct, la liberté féline de la pianiste argentine. Je me rends compte que j’adorais aussi ses Mozart avec A. Rabinovitch à l’époque, version que je ne comprends plus aujourd’hui. En revanche, la réédition en CD par Philips de son live légendaire du concerto n°3 de Rachmaninov avec Riccardo Chailly a eu l’effet sur moi d’une vraie déflagration. J’étais en hypokhâgne, et j’ai dû l’écouter une centaine de fois à la suite ; je m’endormais parfois avec le CD en boucle et si fort, et me réveillais vers les 4h pour l’arrêter de peur de réveiller toute la maison…

Requiem de Mozart par Carlo Maria Giulini – Philharmonia Orchestra (1979)

Le premier CD que mes parents m’offrirent au milieu des années 1980 était les concertos de Mozart n° 21 et 27 par Christoph Eschenbach et cette version du Requiem de Mozart par Carlo Maria Giulini. Au moins 80 musiciens, 60 choristes, des grosses voix : une production quasi hollywoodienne ! Avec Christa Ludwig, Helen Donath, Robert Tear etc. On ne joue ni ne chante plus Mozart comme ça aujourd’hui, à la faveur sans doute des « baroqueux », des Nikolas Harnoncourt et consort. Là, les tempi sont étirés, le vibrato ample… mais QUELLES LIGNES ! Cet enregistrement ne m’a jamais quitté depuis. L’art de la ligne, du silence, et de la métaphysique mozartienne selon Giulini. Curieusement, je pense que les musiciens historiquement informés – dont je fais partie ! – feraient bien parfois de s’en inspirer davantage !

Concert arias, Mozart – Édita Gruberova – Nikolas Harnoncourt Chamber Orchestra of Europe – live juin 1991 à Grazie (CD Teldec)

Un extrait d’un des disques les plus miraculeux selon moi, et terriblement addictif. Pour lui, j’ai traversé l’Europe de Barcelone à Francfort en passant par Wien, Munich, Paris, Nice, pour entendre Édita Gruberova. Ce CD rassemble des airs de concert terribles de virtuosité que la diva a enchaîné en 1991 sous la baguette de Nikolas Harnoncourt. Cet extrait du CD, l’air « Vorrei spiegarvi » caracole dans les aigus et suspend le vol de ce rossignol slovaque pour notre plus grande émotion. En tous les cas pour la mienne : depuis, quand je joue du Mozart, je pense à la manière dont Gruberova le ferait : quel dramatisme, quelle subtilité, quelle fragilité, quelles couleurs, derrière la technique infaillible d’une des plus grandes sopranos coloratures de l’histoire du chant.

Richard Strauss – 4 Letzte Lieder par Renée Fleming, Christoph Eschenbach et le Houston Symphony Orchestra (1996)

Chants du crépuscule romantique et civilisationnel, ces Vier letzte Lieder par Renée Fleming représentent tout ce que j’aime en musique. : la voix double cream de la Fleming – selon l’expression de George Solti –  apporte des résonances ambiguës à la musique de Strauss pour en accentuer le chant mystérieux et obsessionnel. Je n’ai jamais trouvé mieux.

Chopin – Préludes op. 28 –  Alfred Cortot (1942)

J’ai mis du temps à savourer et à admirer le style alla Cortot : Il y a quelques années, j’ai joué ces Préludes en concert, partition ô combien difficile, aux mille et unes teintes, aux mille et unes aspérités. Je me suis mis à un travail très analytique de la partition, puis ai travaillé, puis ai écouté les grands pianistes… Miracle : Alfred Cortot, dans sa liberté et son élégance, était de loin le plus fidèle des épigones chopiniens, respectueux de la partition jusqu’à ses moindres détails. C’en est devenu un modèle.

Hasse – Motteti virtuosi – Alta Nunes illustrata – Monique Zanetti, Martin Gester, le Parlement de Musique

L’immense Monique Zanetti a ouvert l’univers du chant baroque la première dans les années 1980 en compagnie de William Christie etc. Elle a été ma première prof de piano quand j’avais 4 ans… j’avais vite abandonné cet instrument pour le violon. Ce disque si solaire de Johann Adolf Hasse est un compagnon de route ; j’ai réussi à convaincre Jodie Devos à les donner en concert avec mon ensemble L’Encyclopédie en 2023 pour un concert mémorable. Elle avait adoré cette musique, je pensais l’enregistrer avec elle d’ailleurs, et hélas, elle nous a quittés trop tôt… 

Barbara – « La Solitude » Concert Bobino 1967

Des souvenirs d’enfance m’ont permis de fréquenter – avec distance toujours – Barbara, écoutée par ma mère et ma grand-mère. Mais alors elle me faisait peur : je trouvais qu’elle parlait avec trop de gravité des choses de la vie qui me semblait légère, ses tenues noires évoquaient un pessimisme qu’on repousse aisément avec la candeur enfantine. Ce n’est qu’assez récemment que je l’ai rédouverte, son art du mot, son sens de la parole, son génie de la musique. Cet album live Bobino 1967 est pour moi une perfection : la voix à nu, l’accompagnement du piano simple… le génie parle. Ou chante, plutôt.

Madonna –  « Open your heart » True blue

Vers les 12-13 ans, j’avais érigé un véritable  autel à la gloire de Madonna dans ma chambre, un pan entier de posters, cartes postales etc. épinglés au mur. Je vivais pour elle, et suis passé de Madonna à Mozart de manière abrupte, après avoir entendu une amie interpréter le 21ème Concerto, KV 467. Je vouais ainsi aux gémonies, du jour au lendemain, tout artefact « madonesque » de mon mur. L’an passé, j’ai eu la chance d’assister à son concert parisien – le premier que je voyais de ma vie. Incroyable mais vrai, je connaissais toutes ses chansons des années 1980 encore par coeur…

Le disque « W.A Mozart Fantasy » de Florent Albrecht est paru au label Triton. Un enregistrement sur pianoforte d’époque à découvrir de toute urgence !

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