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Mille et une notes au Festival Berlioz

FESTIVAL – Qui a dit que la musique classique était un truc de vieux, de « boomers » ? Ce soir, à La Côte-Saint-André, la relève musicale incarnée par l’Orchestre Français des Jeunes, en transe, a transformé un programme corsé (Berlioz, Chostakovitch, Rimski-Korsakov) en démonstration d’intensité, d’intelligence… et de joie explosive sous la direction de Kristiina Poska et avec Alexandre Tharaud au piano.

Dès les premières mesures du Carnaval romain de Berlioz, les corps sont prêts, les archets s’élèvent comme un seul bras (musclé), et la baguette de la cheffe dessine dans l’air des géométries précises. La battue est nette, rigoureuse, sans jamais étouffer le souffle collectif. On assiste à une marée orchestrale, où chaque pupitre semble animé d’un feu propre. Les nuances sont poussées à leur paroxysme, les crescendi ont des allures de vagues scélérates. De quoi rester scotché à cette dextérité.

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Alexandre Tharaud, entrant sur scène comme s’il passait par là, décontracté, pour mieux pulvériser le Concerto pour piano n°2 de Chostakovitch transforme, acrobate, son instrument en percussion, locomotive. Il pousse l’orchestre, l’entraîne dans des accélérations imprévues, joue avec les limites, et les musiciens le suivent. Ah la vigueur de la jeunesse ! Mieux : ils répondent. La cheffe module, absorbe, canalise. La communication est totale. Et dans l’Andante central, suspendu, personne ne respire.

© Festival Berlioz – Bruno Moussier

Enfin, Shéhérazade, la fille du vizir, emporte la palme de la transe symphonique. Les musiciens, portés par des projections bleutées sur les conques en fond de scène (jusqu’à des éclairs marins en final), jouent de tout leur être : les visages vibrent, les corps ondulent, les regards se croisent. Et si quelques pizzicati grincent, c’est pour mieux nous rappeler que la perfection n’est pas l’objectif, mais la sincérité du geste, oui.

La jeunesse est un art

Un bis féerique Ravélien et une bamba transformée en medley de musiques actuelles “Blue (Da Ba Dee)”, complètent et accomplissent le rituel, l’orchestre se déchaîne, les sourires s’élargissent, et le public exulte.

© Festival Berlioz – Bruno Moussier
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