AccueilA la UneRoommates à la Ferme du Buisson : Une colocation plus que prometteuse…

Roommates à la Ferme du Buisson : Une colocation plus que prometteuse…

DANSE – Roommates du Collectif (LA)HORDE (qui a pris les rênes du Ballet national de Marseille depuis 2019) captive et intrigue grâce à sa collocation plus qu’étonnante de pièces d’horizons divers et variés.

Un projet de colocation qui se veut universel…

Créée en 2022, cette pièce est pensée comme une traversée dans l’univers du Ballet national de Marseille, en faisant cohabiter trois pièces du répertoire avec deux créations originales de la compagnie. A travers ce programme, modulable en fonction du lieu et de la représentation, deux à neuf danseurs discutent la notion d’héritage, de patrimoine et d’archive en actualisant des chorégraphies emblématiques de l’histoire du Ballet national de Marseille. Les deux créations originales de la compagnie entrent alors en résonance avec les écritures contemporaines de Claude Brumachon ou encore Oona Doherty, questionnant la notion de transmission, bien connue de (LA)HORDE puisqu’à la tête du Ballet National de Marseille depuis 2019.

Grime Ballet © Blandine Soulage

« Nous avons imaginé ce programme pour raconter avec d’autres une histoire qui nous ressemble et pour célébrer les écritures plurielles de chorégraphes qui ont formé notre regard, nous ont donné nos premières émotions et nous accompagnent encore aujourd’hui. Il nous semble plus que jamais important de leur rendre hommage à travers ce projet. En faisant se rencontrer des œuvres aussi diverses, nous voulons interroger la notion d’archives et de patrimoine ; pourquoi réactiver ce répertoire et, ce faisant, comment le réactualiser ? »

Des colocataires atypiques…

Mais Roommates est avant tout un manifeste vivifiant, par le choix éclectique des œuvres proposées : aux comiques danseurs sur pointe de Grime Ballet (Danser parce qu’on ne peut pas parler aux animaux), de Cecilia Bengolea et François Chaignaud, en carrousels sur une musique techno enragée, est confronté le tendre duo de Claude Brumachon et Benjamin Lamarche, Les Indomptés, une danse sensuelle qui revisite la masculinité ; tandis que Hope Hunt and the Ascension into Lazarus, le solo engagé d’Oona Doherty, ici revisité au pluriel, illustre les violences civiles à Belfast et cohabite avec Weather is sweet, une création originale de (LA)HORDE qui questionne de façon crue la domination sexuelle, le viol et les rapports de force. Ainsi, la pièce entière, par la colocation de chorégraphies plurielles, réécrit une histoire singulière de la danse contemporaine.

Lazarus © Didier Philispart

Le dernier extrait, Room with a view, apparaît comme une marche explosive et émancipatrice de la jeunesse. Les mouvements violents et secs répétés à maintes reprises jouent des frontières entre les corps et abordent la relation entre manifestation et fête collective. Clôturant le programme, cette création vibre sur la musique de Rone et apporte une lueur d’espoir et de fraîcheur à cette traversée historique et chorégraphique vécue par la salle.

Photo de Une : Room with a view © Maria Baranova

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