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Hafiz, nouvelle page d’un sacré livre sonore à Bordeaux

CONCERT — La création mondiale « Hafiz » composée et dirigée par Joseph Swensen avec son Orchestre National Bordeaux Aquitaine à l’Auditorium met en valeur la culture soufie sous différents angles de projections, faisant miroiter ses effets poétiques et dramatiques avec Borodine et Rimski-Korsakov.

Ode au poète persan Hafiz

Lyrisme étincelant, ambitus et brio, reflets de sa magnificence et de sa noblesse : la belle Angélique Boudeville fait courtiser tous les regards musicaux conçus comme sur mesure pour elle, à travers les siècles, par le poète et le compositeur réunis.

Entre mysticisme et spiritualisme, références passionnées et spirituelles, la poésie des mots et des sons s’unit dans une plénitude de contrastes entre intériorité et extériorité.

Car c’est un amour, inconditionnel qu’ils chantent et qu’ils font contempler, la musique droit dans les yeux. Le son miroitant inspire la pureté, le chant délicat et subtil semble affleurer de la joue de la demoiselle.

Cependant, c’est un amour inassouvi, d’où des contrastes entre suspens/expectative, et ceux de folie amoureuse que les mélodies en dégringolade des trompettes arborent face aux violons impassibles. Le vin, signe d’extravagance, est incorporé à maintes reprises, dont des sauts de cuivres, motifs épars et variés des bois, bassons, harpes, substances même de l’ivresse, de la profusion, du paradis, et de la noblesse.

Ça soufie ? non, plus !

La réjouissance d’un avenir proche plane tel un flot continu de jouissance sonore, jusqu’à celle du volume. Les contrastes extrêmes opposent la détresse, la revêche, à la pudeur et la clarté, le parfum de rose et la puissance, sismiques.

La nature se fond dans cette symphonie : figuralisme des rossignols mélodieux aux flûtes, couleurs sonores pour les jardins fleuris, elle résonne avec les développements continus Dans les Steppes de l’Asie centrale de Borodine et le suspens cinématographique de Rimski-Korsakov et sa Shéhérazade.

Dans la caresse du zéphyr de chaque bois, dans le printemps des hautbois étincelants, dans la prairie de cyprès, roses et basilics, étalés selon chaque instrument, cueille le signe d’un vraisemblable bijou poétique.

Joseph Swensen renouvelé dans son mandat de directeur musical est félicité par Emmanuel Hondré, Directeur de l’Opéra national de Bordeaux © DR ONB
À Lire également : Joseph Swensen fait décoller Bordeaux
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