AccueilA la UnePrincesse Turandot illustrée en Lorraine

Princesse Turandot illustrée en Lorraine

COMPTE-RENDU – C’est dans la salle Poirel que l’Opéra de Nancy propose « Princesse Turandot », un spectacle destiné aux enfants, mais pas que…

Il ne s’agit pas de l’opéra de Puccini, ni même de celui que Ferruccio Busoni composa en 1917, mais de la Suite orchestrale (BV 248) qu’il avait écrite en 1905, pour une production scénique de la fable tragi comique « Turandot » (1762) de Carlo Gozzi.

Nessun canta : personne ne chante ce soir, l’Orchestre de l’Opéra National de Nancy-Lorraine, déployé en grand effectif, trône sur la scène de la très néo rococo salle Poirel. L’histoire, qui suit exactement la trame, est racontée par le truchement des illustrations conçues par Amandine Meyer, animées en temps réel par Julia Dantonnet et projetées sur un grand écran en fond de scène : toutes sortes d’images, des ombres chinoises, des découpages, des dessins exécutés en direct au fil de la musique, le tout dans maintes nuances de gris. Quelques banc titres judicieusement articulés aux dessins, parfois sous forme de bulles, permettent de suivre l’histoire durant la partie du récit où l’on voit Calaf triompher des énigmes.

Si Turandot est une belle jeune fille, le dessin de Calaf, réalisé en temps réel, présente un petit bonhomme enfantin, figure plus proche du public composé pour une bonne moitié de jeunes enfants. Lesquels ont ri une fois lors de la présentation de l’Empereur Altoum, le père de Turandot, tout en rondeurs et qui avance en roulant sur lui-même. Turandot est froide et hiératique quand Calaf est lui assez mobile et espiègle.

À Lire : Turandot, énigmes au musée - l'exposition s'anime

La lecture du récit se complique dans un second temps lorsque Calaf laisse à Turandot la possibilité de ne pas l‘épouser, cette dernière cherchant alors à découvrir l’identité de Calaf. S’ensuit une longue période où défilent de nombreux nouveaux visages, mais désormais sans plus aucun secours de textes pour expliciter les choses, ce qui rend alors le récit un peu difficile à suivre. Sans doute a-t-on voulu ménager le jeune public en laissant cet épisode violent dans le flou…

Conçue à l’origine comme complément sonore d’une production théâtrale, la musique n’est pas vraiment narrative, elle est assez énergique et martiale et se déploie ce soir par flots sous la baguette calme et précise de William Le Sage. Busoni a varié les couleurs instrumentales, utilisant à bon escient les ressources orchestrales. Les cuivres et bois sont particulièrement présents. Un moment très lyrique survient au milieu de la Suite, avec une variation sur « Greensleeves » sollicitant les deux harpes de l’orchestre et le pupitre des flûtes, comme une bulle poétique bienvenue, avant le reprise d’une sarabande qui mène à la conclusion inattendue.

En effet, nos artistes imageantes ont décidé dans une pirouette finale de ne pas conclure sur le happy end traditionnel, Turandot échappant ainsi à son destin tracé.

Les 45 minutes du spectacle sont passées très vite et le public a applaudi avec chaleur ce petit moment de poésie.

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