AccueilA la UneMantra : ManiFeste pour atteindre l’illumination

Mantra : ManiFeste pour atteindre l’illumination

COMPTE-RENDU – Fermez les yeux. Respirez profondément. Oubliez vos préoccupations terrestres. Vous êtes désormais à l’Ircam, où le programme de salle vous promet une ascension cosmique, une transformation des perceptions et une traversée des différents plans de l’existence. Le voyage spirituel peut commencer.

Étape 1 : quitter le monde matériel

Le principe paraît simple. āroha, nouvelle œuvre de Riccardo Nova, s’inspire du Mahābhārata et plus particulièrement d’une ascension vers des sphères supérieures. Le mantra Gāyatrī devient la matrice de la composition, organisant aussi bien les hauteurs que les durées et les structures rythmiques. Sur scène, violoncelle, clavier et électronique immersive sont chargés de nous guider vers cet état supérieur de conscience. L’électronique étend les sons, les projette dans l’espace, les fait circuler autour du public.

Très vite, on comprend qu’il ne sera pas question de mélodie, ni même véritablement de narration. Le son devient environnement.

Repetition du concert Mantra à l’IRCAM © Centre Pompidou – Juliette Paulet
Étape 2 : accepter de ne plus tout comprendre

L’expérience repose précisément sur cette perte de repères. Les spirales sonores s’enroulent sur elles-mêmes, les matières se densifient puis se raréfient, les gestes instrumentaux semblent se dissoudre dans l’électronique.

Le violoncelle de Francesco Dillon tente régulièrement d’émerger de cette masse sonore mouvante, tandis que le clavier agit davantage comme un champ de résonances que comme un instrument traditionnel.

L’immersion est réelle. La destination l’est parfois moins.

Étape 3 : persévérer

Car le concert demande une forme particulière d’abandon. Les références au sacré, à la méditation et à l’élévation spirituelle sont nombreuses dans le discours entourant l’œuvre.

Mais à mesure que la pièce avance, le décalage entre la promesse mystique et la réalité sonore devient aussi perceptible. Là où l’on attend peut-être une révélation, une transformation ou une trajectoire clairement identifiable, la musique semble préférer demeurer dans un état de suspension permanente.

Comme certains stages de développement personnel, l’expérience paraît parfois davantage fascinée par son propre vocabulaire que par sa capacité à emmener ses participants quelque part.

Retour sur Terre

À la fin du concert, l’ascension s’achève et le public retrouve le plan d’existence parisien habituel.

L’Ircam continue ainsi d’explorer des territoires où la musique devient espace, matière et expérience sensorielle. Cette ambition mérite d’être saluée. Reste que, ce soir, le manifeste spirituel annoncé ressemblait parfois davantage à une démonstration de concepts qu’à une véritable révélation.

L’illumination sonore était promise. Certains spectateurs l’ont peut-être trouvée. D’autres auront surtout apprécié le retour à la gravité terrestre.

À Lire également : Festival ManiFeste - aux armes choristes
Sur le même thème

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

Vidêos Classykêo

Articles sponsorisés

Nos coups de cœurs

Derniers articles

Newsletter

Twitter

[custom-twitter-feeds]