DISQUE – Du printemps amoureux à la Passion plaintive, l’album Cantà in Cumpagnia de l’Ensemble Camerata Figarella chez Carpe Diem Records – Outhere Music met en miroir polyphonies corses et musiques anciennes européennes.
Chant de la terre
Fondée en 2019 au Cap Corse, la Camerata Figarella vivifie les traditions. Les chanteurs font entendre le timbre des montagnes et de la flore selon leur tessiture. De l’acclamation-déclamation propre au chant corse à la vocalité retenue et intérieure du madrigal, la transparence commune dans la diction et le soin donné à la langue traversent les textures denses et tendues des soli et des ensembles. Les appels vocaux et les réponses ornementées des instruments, lancés vers le ciel et la montagne, permettent à la prière humaine de s’expanser.
Le mot étiré et fleuri
Le cornet de William Dongois et la sacqueboute de Stefan Legée ouvrent un espace enluminé où s’incrustent les voix. Le saxophone alto de Fausto Sierakowski et la clarinette d’Ange Sierakowski prolongent les phrases en vocalises modales sur de longues tenues, à la manière de l’ison. La diminution instrumentale étire le mot, selon une temporalité d’éternité, à la manière de l’organum médiéval. Toujours, l’écho instrumental permet d’écouter à neuf la réapparition de la voix, dans ses interprétations mouvantes et nuancées. Les textures passent de l’entrelacs à l’unisson, alors que les reprises propres au répertoire ancien ou traditionnel, sont rythmées par la percussion. Dans O dolce nocte, la fusion vocale et instrumentale suspend le temps et ouvre au moment de la contemplation de la nuit.
Pourquoi on aime
- Les jeux d’alliage plus que d’alliance
- Les ornements qui fleurissent entre les voix du maquis
- Les souffles fondus des bouches et des embouchures
C’est pour qui ?
- Les authentiques épris de liberté
- Les improvisateurs dans l’âme
- Les écouteurs des voyelles du printemps et des consonnes de la montagne
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