AccueilA la UneSuperhéros et Dj set à Montréal

Superhéros et Dj set à Montréal

COMPTE-RENDU – L’Orchestre symphonique de Montréal troquait le frac pour la cape sous la direction de Lucas Waldin, pour une soirée consacrée aux super-héros et à leurs vilains. Déguisements, lumières, bandes originales : les pouvoirs étaient au rendez-vous.

Grandeur nature

Dès le foyer, le ton est donné : une somptueuse décoration et des figurines grandeur nature accueillent les spectateurs. Dans la salle, tout l’orchestre s’est déguisé, et le public a suivi le jeu. Des tubes lumineux façon sabres laser circulent entre les musiciens (oups, mauvaise licence). Puis vient l’accord. Le premier violon donne le la, et l’orchestre le fausse volontairement. Lucas Waldin fait alors son entrée en Joker rouge flamboyant. La soirée sera festive.

Gotham city ?

Batman, tant attendu, s’annonce par son logo projeté au plafond, ce qui arrache un soupir aux petits comme aux grands. Wonder Woman offre une rareté : l’octobasse se glisse dans l’orchestre jusqu’à s’y confondre. Côté lumière, Mathieu Roy transforme la salle en repaire de Spider-Man, toiles projetées sur toutes les surfaces. L’animation visuelle est soignée, d’autant que le jeune public présent doit respecter des consignes.

La kryptonite de l’orchestre

Même les héros ont leurs faiblesses. Pour égaler les enregistrements originaux, souvent enrichis d’instruments supplémentaires ou de synthétiseurs, l’orchestre joue fort, quitte à délaisser parfois la justesse. Dans The Dark Knight, la synchronisation fatigue à tenir un régime aussi soutenu. Les percussions, elles, sont sollicitées sans relâche et livrent une belle performance.

Le Joker dirigé par… le Joker

Arrive forcément le Joker, dirigé par le Joker lui-même. N’est-ce pas grandiose ? La direction Lucas Waldin est très claire, et il s’amuse avec la salle, jusqu’à lui adresser un petit speech dans la peau de son personnage. Il parait infatigable et tient la cadence du début à la fin tout en restant attentif et sans se laisser emporter par la densité de l’orchestration. 

Le programme, sans entracte, met parfois les plus petits à l’épreuve. Mais le medley du Boléro de Ravel et du Dies Irae ravit les mélomanes. À la fin du concert, la standing ovation est unanime. L’orchestre a livré une performance unique dans ses costumes, comme s’il jouait les bandes sonores de ses blockbusters favoris. Et comme tout bon super-héros, il ne rentre pas se coucher : la fête se poursuit au foyer avec Milk & Bone! aux platines.

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