AccueilA la UneParis-Leipzig en passant par Opéra

Paris-Leipzig en passant par Opéra

CONCERT – Les musiciens de l’Orchestre de l’Opéra national de Paris démontrent leur talent de chambriste en proposant un concert autour de deux œuvres marquantes de deux villes et de deux époques, confrontant dramatisme, intimisme et modernité.

France-Allemagne : on refait le match

L’occasion est idéale pour de nombreux touristes en visite à la ville lumière de vivre une heure de musique dans l’un des plus beaux opéras du monde, l’Opéra Garnier. Aux côtés des selfies, on peut apercevoir quelques amateurs ravis de pouvoir entendre les musiciens de l’Orchestre de l’Opéra de Paris de façon beaucoup plus intimiste grâce à ces concerts de musique de chambre. Ce soir, le quatuor à cordes est à l’honneur avec le Quatuor de Maurice Ravel et le Quintette pour piano et cordes de Robert Schumann. Si ces deux œuvres sont toutes deux d’une grande beauté, tout semble pourtant les opposer et le concert pourrait prendre la forme d’un match entre deux pays, la France et l’Allemagne, et deux époques, le Moderne du XXe siècle naissant et le Romantisme à son apogée. Une injustice toutefois se dévoile rapidement : les musiciennes montrent leur expérience d’accompagner du théâtre, qualité propice au dramatisme romantique de Schumann qui ne profite pas vraiment à la modernité plus raffinée et abstraite de Ravel.

Le quatuor de musiciennes issues de l’Orchestre de Paris : Lise Martel, Louise Salmona, Marion Duchesne, Tatjana Uhde ©Hugo Cohen
Ravel en creux

Dès le premier mouvement du Quatuor, si la technique et la maitrise instrumentales sont indéniables, le son de l’ensemble manque d’une certaine homogénéité avec un premier violon, la lumineuse Lise Martel, très en avant comme pour un quatuor classique, alors que l’écriture de Ravel offre à chacune de briller. On voudrait d’ailleurs que l’altiste Marion Duchesne gagne en aisance et en liberté pour apprécier le timbre chaud de son instrument. Le mouvement et les suivants souffrent aussi d’un manque d’impertinence qui donnerait un véritable souffle à la direction musicale. On apprécie néanmoins grandement les couleurs piani, particulièrement tendres comme du pastel dans le troisième mouvement, suspendant avec délice le temps. On peut notamment apprécier ainsi la sensibilité de la violoncelliste Tatjana Uhde. Louise Salmona en second violon offre une présence et un investissement équilibré et appréciable. Le dernier mouvement n’est pas animé de l’agitation nerveuse que l’on aurait pu souhaiter mais la démonstration de vitesse déchaîne une volée d’applaudissements, comme d’ailleurs chacun des mouvements.

Tanguy de Williencourt ©Jean-Baptiste Millot
Schumann en relief

Avec le Quintette, le son est immédiatement plus pertinent par sa rondeur, les couleurs claires et la précision du pianiste Tanguy de Williencourt apportant un parfait complément. Dans le quatuor, quelques micro-décalages dans l’accompagnement sont facilement masqués par le souffle dramatique qui est proposé. Si certains dialogues ne sont pas toujours équilibrés, avec des différences de nuance et de couleur, la lourdeur justement dosée et colorée de la marche funèbre du deuxième mouvement – toujours avec ces très beaux p comme « présents » – parvient à procurer une émotion, rappelant un souvenir dont on ne sait s’il rend heureux ou triste… Les deux derniers mouvements, heureuses courses interprétées avec netteté, finissent par enthousiasmer le public admiratif, ravi d’avoir découvert le magnifique Palais Garnier avec de si belles musiques.

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