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West Side Story en grandes pompes au Châtelet

COMÉDIE MUSICALE – West Side Story, la comédie culte de Léonard Bernstein & Jérôme Robbins, revient enfin au Théâtre du Châtelet pour une série de 80 représentations dans une mise en scène de Lonny Price. Fidèle à l’original, le musical n’a pas pris une ride et nous a enchanté le temps d’une soirée. Comme quoi le New York des années 50 peut encore nous faire vibrer. 

West Side Story revient pour la troisième fois au Théâtre du Châtelet avec une nouvelle mise en scène, plus de 10 ans après la dernière au Châtelet et plus de 65 ans après sa création à Broadway en 1957. Après une tournée internationale de Munich à Dublin, elle se pose pour deux mois à Paris pour enchanter nos fêtes de fin d’année avant d’enchaîner dans le reste de la France puis en Asie. 

Roméo & Juliette, Tony & Maria

L’histoire, tout le monde la connaît : c’est celle de Roméo & Juliette version Upper West Side, en pleine guerre de gangs. D’un côté, les « Jets », les fils d’immigrés blancs d’origine irlandaise, polonaise ou italienne déjà bien installés affrontent les « Sharks », les portoricains fraîchement immigrés pour contrôler un pauvre petit territoire. Au milieu, une histoire d’amour, celle de la jeune et pure Maria, la sœur du chef des « Sharks » qui tombe amoureuse de Tony, le plus beaux des « Jets » lors d’un concours de danse. Le pitch indémodable de l’amour impossible fonctionne à tous les coups.

Même le maestro du cinéma, Steven Spielberg a décidé en 2021 d’en faire un remake copie conforme du film de 1961, récompensé par dix Oscars. Lonny Price reste dans la même lignée que ces prédécesseurs, c’est-à-dire fidèle à l’original, avec une action qui se situe toujours dans le New York des années 50. Il faut dire qu’il est difficile de s’écarter d’un iota de ce chef d’œuvre de la comédie musicale, née de la collaboration fructueuse de quatre artistes de génie : Leonard Bernstein (musique), Jerome Robbins (mise en scène & chorégraphie), Arthur Laurents (livret) et Stephen Sondheim (paroles). 

À lire également : David Newman, « La musique de West Side Story est intemporelle »
Robbins, for ever

La mise en scène classique est très fidèle au film de Jérôme Robbins et de Robert Wise, comme si Lonny Price n’osait trop changer ce chef-d’œuvre qui a bouleversé son enfance. Il souhaitait avant tout « que la prochaine génération de spectateurs tombe amoureuse de cette pièce, s’identifie aux personnages et réalise qu’il y a tellement plus de choses qui nous unissent que de choses qui nous séparent, malgré nos prétendues différences culturelles ».

Do you like to live in America ? © Jonathan Persson

Lonny Price est devenu depuis quelques années une personnalité reconnue à Broadway. Il a entre autres mis en scène Sweeney Todd avec Emma Thompson, Sunset Boulevard avec Glenn Close et réalisé plusieurs épisodes de la série Desperate Housewives. Le décor quasi unique est fait de trois immeubles en murs de briques avec les fameux escaliers métalliques de l’Upper West Side new-yorkais qui abritent la chambre de Maria, le drugstore tenu par Doc et l’atelier de couture de Maria et Anita. L’immeuble central s’anime et pivote sur lui-même, apportant une très grande fluidité dans les changements de décor. Sans surprise, les costumes sont aussi très fidèles au film de 1961 : les Jets sont en pantalons verts/gris et chemises bleus classiques alors que les Sharks sont plus en jeans, baskets, chemises colorées et robes à froufrou. Maria porte une robe blanche immaculée comme d’habitude. Rien de nouveau sous ce beau soleil.

Une armada au plateau
Noël au balcon… © Jonathan Persson

Il faut dire que le casting est magistral : 80 participants dont 31 sur scène et 20 musiciens dans la fosse. Les chorégraphies originales de Robbins ont pu être admirées ce soir dans toute leur authenticité grâce au chorégraphe Julio Monge, ancien élève du grand maître, et l’une des cinq personnes au monde autorisées à mettre en scène la chorégraphie de cette comédie culte. Les danseurs enchaînent les combats comme autant de pièces créatives. Ils ont quasi fait un sans-faute. Les filles « Sharks » assurent à fond dans la célèbre scène de la chanson America. Pas de temps morts entre les différentes chorégraphies et les changements de décor. Les parties dansées restent des grands moments, tout en symbiose avec la musique du légendaire Leonard Bernstein. Les vingt musiciens dans la fosse dirigée d’une main de maître par son chef d’orchestre Grant Sturiale ont brillé pour ce soir de première et ont réussi à faire swinguer aussi bien les danseurs que les spectateurs dès les premières notes de l’ouverture. Nous avons eu un grand plaisir à réécouter les chansons indémodables : « Maria », « America », « One Hand, One heart », « Somewhere ». 

© Jonathan Persson
Point par point : les expert.es

La comédie musicale est l’un des arts les plus exigeants, car les artistes doivent être aussi bons comédiens, que danseurs que chanteurs. La distribution est aux petits oignons.

  • Jadon Webster a été exceptionnel ce soir dans le rôle de Tony au niveau du chant, il possède une voix bien timbrée et nous a fait vibrer dans « Could be » ou « Maria ».
  • La soprano Mélanie Sierra a incarné avec brio une Maria très crédible et touchante en jeune fille innocente et pure. Sa formation de chanteuse d’opéra lui a permis d’interpréter un magnifique et drôlissime « I feel pretty » avec une articulation impeccable. L’alchimie est bien là entre les deux, notamment pour la fameuse scène du balcon pleine de sensualité – un moment de calme avant la tempête.
  • Taylor Harley joue un Riff beau gosse, provoquant et sobre. Antony Sanchez est séduisant dans le rôle de Bernado.
  • Kyra Sorce incarne une Anita puissante, aussi bonne danseuse que chanteuse. C’est l’un des rôles les plus exigeants de West Side Story. Elle relève le défi haut la main, n’hésitant pas à pousser la voix dans les moments dramatiques, notamment quand elle se fait maltraiter dans le drugstore. Elle a été notre véritable coup de cœur, nous éblouissant notamment dans la scène America, où elle explique à ses consœurs toutes les raisons de rester aux Etats-Unis alors que d’autres veulent retourner à Porto-Rico : « Life can be bright in America – If you can fight in America. »
Synchronisation parfaite : Broadway style… © Jonathan Persson

Le Théâtre du Châtelet renaît de ses cendres avec cette adaptation très réussie de West Side Story, qui a conquis son public en ce soir de première. Les spectateurs n’ont pas hésité à se lever lors des saluts pour une standing ovation assez longue montrant ainsi l’enthousiasme du public parisien pour les comédies musicales de qualité. Espérons que le Châtelet retrouve sa splendeur d’avant sa fermeture, à la grande époque de Jean-Luc Choplin, et qu’il propose de nouveau au public une foison de nouvelles comédies musicales.

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