AccueilSpectaclesComptes-rendus de spectacles - LyriqueLa Bohème à Bordeaux : Mimí, sans Chichi

La Bohème à Bordeaux : Mimí, sans Chichi

OPERA – L’Opéra National de Bordeaux présente jusqu’au 28 avril une version moderne et épurée du succès de Puccini. La Bohème, inspirée des récits autobiographiques d’Henry Murger, relate l’atmosphère du quartier latin du XIXe siècle. On suit les pérégrinations d’une bande de jeunes sans un sou qui se rêvent artistes à succès. Rodolfo, poète fougueux, croise le chemin de la pétillante Mimi. Galères de loyer, factures impayées, échecs, maladies… Ensemble, ils affrontent les tourments d’une vie de bohème (pour ne pas dire d’étudiant, de chômeur, enfin vous voyez quoi…). 

Faire des merveilles avec des bouts de ficelle !

Emmanuelle Bastet livre une mise en scène simple, charmante et efficace. Pour ce faire, aucun nouvel achat n’a été effectué. Costumes, décors et accessoires ont été récupérés des stocks de l’opéra. Cette contrainte, d’abord écologique, est bien loin de l’opulence de certaines adaptations. Quoi de plus cohérent que d’illustrer la misère sans débourser des sommes faramineuses. Besoin d’un décor d’appartement type CROUS ? Rien de plus qu’un frigo (presque) vide, un canapé sans fioritures et une chaudière pour affronter le froid de l’hiver. Ni trop classique, ni trop fantasque, juste ce qu’il faut pour s’immerger dans le quotidien de nos héros. 

© Éric Bouloumié
0 achat pour 100% d’émotion !

La sobriété des décors laisse place aux sentiments, aux ambiances et à la musique. Le casting est impeccable : alliant qualités vocales et prestations scéniques. D’autant que l’opéra traverse une palette de genres et d’émotions très riches. On croit en cette bande de copains, d’une alchimie presque naturelle. Chacun y trouve sa place. Francesca Pia Vitale incarne une Musette grandiloquente et moderne. Tandis que Juliana Grigoryan et Arturo Chacón-Cruz forment un couple bouleversant d’émotion, sans jamais tomber dans le pathétique. Dirigé d’une main d’expert par Roberto González-Monjas, l’orchestre déploie toute l’expressivité et la richesse qu’offre la musique de Puccini. 

© Éric Bouloumié
La vie de bohème en 2024, ça donne quoi ? 

Bien que la vie bohème du XIXe siècle semble loin derrière nous, ces luttes sociales persistent. L’intrigue se déroule à une époque, un peu floue, mais contemporaine à la nôtre. À l’heure où la précarité étudiante et celle des jeunes artistes bat son plein, la pièce revêt un caractère universel, et profondément tragique. L’opéra jongle entre une réalité brutale et des instants de poésie. C’est au cœur d’un appartement miteux que notre couple de héros tombe amoureux. Des étoiles suspendues illuminent alors la pièce privée d’électricité. 

À lire également : Unusual Puccini : le réveil des héroïnes !

Les artistes créent du rêve à partir de pas-grand-chose. Ici, l’équipe de La Bohème réussit à déployer un monde onirique sans effets superflus. Sans misérabilisme, sans mépris, sans tentative de romantiser la pauvreté, l’opéra s’adresse (peut-être) à ceux qui s’y rendent le moins… 

© Éric Bouloumié
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